Le docu sur Manu Le Malin va vous filer des cauchemars

Manu Le Malin est l'ange noir de la techno hardcore depuis plus de vingt ans. À l'occasion de la sortie du documentaire « Sous le donjon de Manu Le Malin », sur sa vie et sa carrière, nous l'avons rencontré.

Manu Le Malin est énigmatique. Comme sa musique, la techno hardcore, dont il est le plus célèbre représentant en France depuis plus de vingt ans grâce à ses compilations « Biomechanik » et ses mixs hyper techniques. Un type à ranger aux côtés de Laurent Garnier parmi les grands noms des musiques électroniques françaises et que la nouvelle génération connaît grâce à son alias techno moins dure, The Driver.

Mario Raulin a décidé de se pencher sur cette vie entre ombre et lumière, pour un résultat à cheval entre la fiction et le documentaire. Des premières raves à sa rencontre déterminante avec l’équipe du festival Astropolis, le film retrace une carrière faite d’afters mythiques, de musique dure et d’addictions. Explications avec le principal intéressé.

Le documentaire aborde ta vie de manière chronologique. Tu parles évidemment de ta première rave, ça a été un déclic pour toi ?

C’est un vrai choc. Je sors d’un milieu dans lequel je ne me reconnais plus du tout, j’étouffe. Les concerts, la violence… Et j’arrive dans une rave avec quelques centaines de personnes, peaceful, sur une musique que je connais un peu grâce aux clubs parisiens, aux afters, mais pas tant que ça. Cette house, new beat, techno, la lumière, les gens… Je prends une tarte. J’y retourne le week-end d’après, je reprends une tarte, et petit à petit, je commence à comprendre comment ça se passe. C’est ma vie qui change à ce moment-là.

« Dans les années 1990, les médias tapaient pas mal sur les ravers. »

Cette vie, elle est mouvementée, très romanesque, et tu n’es pas du genre à te laisser apprivoiser. Qu’est-ce qui t’a convaincu de laisser Mario Raulin se pencher dessus ?

Ça n’a pas été évident, c’est certain. Mario est un pote que j’ai rencontré au festival Astropolis. Un jour, il s’est pointé avec son projet « Sous le donjon de Manu Le Malin ». J’ai rigolé au début. Je ne voyais pas à quoi ça pourrait ressembler, ce que ma vie avait de si intéressante. Et puis au bout d’un moment, je lui ai dit : « Ok, allons-y, mais je te préviens, je ne vais pas me laisser faire. Il faudra aller dans des directions que j’accepte. »

Le fait que le documentaire soit aussi orienté sur le festival Astropolis était une de ces directions ?

Oui, bien sûr, parce que ça lui donnait un sens. Ce sont des gens qui ont cru en moi dès le début, qui ont été là dans les moments difficiles. Si je suis encore là, c’est grâce à eux. Ils m’ont rattrapé au moment où j’ai voulu tout arrêter.

Tu es habitué aux caméras, tu as notamment fait quelques plateaux télé dans les années 1990. C’est primordial pour toi de ne pas séparer l’underground et les projecteurs ?

Pas primordial, mais ça s’est fait comme ça. Je débarque sur les plateaux télé à une époque où tout ça était assez nouveau, les médias tapaient pas mal sur les ravers, sur ces musiciens qui n’en étaient pas, sur ces musiques qui n’en étaient pas… Bien souvent, la grande gueule du coin, c’était moi. Mais j’avoue que si c’était à refaire, je ne le referai sûrement pas. En tout cas, pas toutes ces interviews. Mais j’y suis allé pour défendre le truc avec mon cœur de mec de 25 ans. Je fais la même chose pour le docu, sauf que je n’ai plus 25 ans.

Le documentaire « Sous le donjon de Manu Le Malin » sort le 1er mars 2017. 

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