Avec "Weapons", Mnemotechnic ne se fera plus oublier

Après des années sans signe de vie, le trio de Brest revient métamorphosé. Finis les accords sautillants : le son est obèse et ténébreux. Interview sans calcul et donc sans math rock.

Mnemotechnic est-il 100% brestois ?

On a commencé à quatre avec des copains étudiants des Beaux Arts de Rennes fin 2009 pour enregistrer avec un label du Royaume-Uni : Small Town America. À l’époque, on a joué 70 dates, dont au moins 40 sans l’album, donc tu te doutes que les ventes n’étaient pas terribles. On a levé le pied entre temps en se concentrant sur nos activités professionnelles.

Vous vous êtes donc rencontrés dans les anciens temps.

En 1998 ! On avait des affinités musicales pour le rock indé, le hardcore, le metal et enfin, on était amis, tout simplement. C’est vrai que Brest était un vivier à l’époque, avec au moins 15 groupes de punk hardcore mélodique, 10 groupes de neo metal et je ne compte pas les groupes de hardcore. On était actifs, dans les radios, les fanzines, les MPT [les Maisons Pour Tous sont des MJC en plus sales, ndlr]. Un peu plus tard, tout ça s’est dispersé.

« Faut être lucide sur l’état de la scène française, on n’est pas attendus au milieu de milliers de groupes. »

Votre premier album est sorti il y a longtemps (2013) et là on ressent que vous voulez sortir très vite « Weapons ».

Pour le premier album, tout s’est passé sur un temps long, et comme on n’avait pas fait le choix de l’autoproduction, il a fallu patienter. On avait un premier album, « Awards », prêt en 2010, il est sorti en 2013. Ça nous a donné envie d’expérimenter dans la forme et de moins faire de calculs. Avec « Weapons », on revient certainement plus à nos goûts hardcore et grunge d’origine. Et puis faut être lucide sur l’état de la scène française, on n’est pas attendus au milieu de milliers de groupes.

Le son est plus ténébreux que sur le premier album. Vous vous y attendiez ?

L’attention n’était pas d’être sombre. Mais on a toujours voulu que le projet soit rock et intense, et on a un peu plongé l’énergie dans des eaux troubles… Le côté sautillant a complètement disparu et c’était un peu une surprise. On nous a parlé d’indus, c’est bizarre… Je crois que je ne connais même pas un morceau de Nine Inch Nails. Moi j’adore Pavement.

Donc cette noirceur n’est pas liée à l’époque ?

Même si on s’est isolés dans un studio au fond des Monts d’Arrée, il y a quand même entre guillemets les événements, ainsi qu’un climat social que je trouve atroce, avec des médias qui nous donnent quotidiennement de la merde à bouffer. C’est un poids étouffant et la lourdeur des musiques hardcore vient peut-être de là. Et puis en fait, je vais te dire : on fait du blues ! Du blues post-Nirvana.

L’album « Weapons » envoie des balles partout en France depuis le 20 janvier. Il est sorti sur les labels Kerviniou et À Tant Rêver Du Roi.

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