Voici le premier clip de rock tourné en Corée du Nord

Round Eye, c’est l’histoire de quatre Américains et un Italien qui créent un groupe punk à Shanghai. « No Future » oblige, ils ont des petits problèmes avec l’autorité. Leur dernier défi : mettre en boîte une vidéo au pays de Kim Jong-un.

Chinese Dream. En 2010, Craig Englund passe une sale année. À Orlando, il joue du hardcore avec le groupe Libyan Hit Squad. Son batteur, son ami, vient de se suicider. Et il a besoin d’un job d’urgence. Quand on lui propose d’enseigner l’anglais en Chine, il tente sa chance.

Là-bas, il rencontre vite d’autres Occidentaux avec lesquels faire du bruit. Ils choisissent le blase « Round Eye » qui veut dire « yeux ronds » (c’est comme ça que les locaux surnomment les blancs). Communautaristes, les expatriés ? Pas du tout. Ils sont là pour jouer avec et devant les Chinois. Porter la bonne parole punk sous ces latitudes. Des riffs qui bourdonnent, deux saxos sauvages : Round Eye livre des concerts déchaînés où leur leader à la coiffure de Tahiti Bob finit bien souvent à moitié à poil. Ils doivent faire avec les visites de la police et la censure. Quand les lascars invitent les légendes du punk anglais The Boys, les autorités annulent toutes les dates à cause du caractère sexuel de l’imagerie du groupe. Là-bas, être un punk libéré n’est pas si facile. Bref, ça commence mal.

Rendez-vous en terre inconnue. L’autoproclamé « groupe le plus sexy, poilu et bruyant de Chine » veut frapper fort pour annoncer la sortie de leur album « Monstervision ». Après une vidéo anti-Trump en 2016, ils ont alors cette idée folle : tourner en Corée du Nord. Grâce à leurs passeports chinois, ils sont facilement autorisés à entrer sur le territoire. Sous haute surveillance bien sûr. Sur place, ils ne peuvent filmer qu’un parc d’attraction et des statues de Kim Jong-il. Ils volent quelques images quand leurs chaperons envoyés par le gouvernement ont le dos tourné. Mais même là, quelque chose cloche. « Beaucoup de choses semblaient fausses, chorégraphiées », explique Englund au blog Dangerous Minds. Les enfants qui ont l’air de peindre dans la rue dans le clip font en réalité semblant, la toile est sèche. On leur a ordonné de jouer cette mascarade pour donner une image romantique du pays. Flippant. Avant eux, seuls les rappeurs Pacman & Peso avaient réussi un tel exploit.

Jugez par vous-même le résultat et écoutez « Monstervision » : on y trouve le dernier enregistrement de Steve Mackay, le saxophoniste de The Stooges et Violent Femmes, avant sa mort. Doublement culte.

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