Voici Die Urbane, le premier parti politique hip-hop

Créé par un B-Boy, le mouvement veut changer la donne en Allemagne. En quelques mois d’existence, il s’est déjà qualifié pour les législatives. Jack vous raconte ce pari fou.

Rapolitique. Début 2017, Raphael Hillebrand, danseur et chorégraphe de 35 ans, est blasé. Lassé de l’éternelle opposition entre l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD), il n’a plus goût au vote. Pourtant, il sait que les élections fédérales qui auront lieu en septembre seront cruciales. Si elle perd la majorité au Bundestag, c’est la tête d’Angela Merkel qui se joue.

« L’identité nationale divise les gens. Nous, nous nous identifions plutôt à notre ville ou notre quartier. »

Refusant de s’en tenir à l’abstention, le B-Boy décide alors de mobiliser la communauté hip-hop outre-Rhin. Après des mois de conversations acharnées pour convaincre son réseau de s’engager, Raphael atteint son but : Die Urbane (« les urbains ») naît le 1er mai et devient le plus jeune parti politique d’Allemagne. Il compte aujourd’hui 284 membres, dont pas mal de personnalités à la street cred évidente. À l’image de Niki Drakos, présidente générale et auteure de documentaire sur le hip-hop, de SirQLate, secrétaire général, rappeur et beatmaker, ou encore de Roham Soleimani, un graffeur iranien ayant participé au « mouvement vert » contre Ahmadinejad.

The Message. Question influence, vous vous en doutez, on est plus proche de KRS-One que de Laurent Wauquiez. D’ailleurs, leur programme est parsemé de citations de MC comme Nas ou The Coup histoire de promouvoir la culture hip-hop  un moyen, selon eux, de faire reculer le racisme grâce à une démocratie de proximité. « L’identité nationale divise les gens. Nous, nous nous identifions plutôt à notre ville ou notre quartier », explique Raphael Hillebrand à The Local. Pour lutter contre la discrimination, le jeune homme né à Hong Kong d’une mère allemande et d’un père malgache a alors une idée : « Donner une voix à ceux qui n’ont pas la parole. » Die Urbane milite donc pour le droit de vote des étrangers, ainsi que pour l’apprentissage du tag à l’école, l’égalité salariale entre les sexes et la dépénalisation du cannabis. Le tout, selon une philosophie qui rappelle le précepte d’Afrika Bambaataa : « Peace, Love, Unity and Having Fun. »

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Objectif urnes. Die Urbane a réuni plus que les 2000 signatures de votants éligibles nécessaires pour la course au Parlement. Un premier succès avant le vote du 24 septembre… Pourtant, le sprint final s’annonce rude, sachant qu’une quarantaine d’autres « petits » partis et candidats individuels espèrent rentrer au Bundestag ce jour-là. Pas de quoi décourager Raphael Hillebrand dont le but premier est de susciter le débat. « Quel que soit le vote, on ne sera pas anéantis. Chaque vote nous fera travailler plus dur à l’avenir », affirme-t-il, toujours à The Local. Avec un seul candidat direct, Frithjof Zerger, pour la circonscription de Berlin, les chances de voir une block party au Bundestag s’annoncent toutefois minces pour le moment. Mais rien n’empêche de croiser les doigts pour la suite.

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