La vaporwave est-elle la musique d'ascenseur du futur ?

Flashy, rétro, autant inspirée par les 80's que le monde de la pub... la vaporwave joue avec les codes de la pop culture depuis le début des années 2010 et continue d'inspirer des carrières (celles de Drake et Rihanna, notamment). Le mouvement va-t-il enfin conquérir la France ? Et au fait, c'est quoi la vaporwave ?

Anonymous. Sous genre du seapunk (une tendance esthétique kitsch liée à l’univers aquatique) la vaporwave est à l’image de notre société : critique et immanquablement rétro. Les pionniers du genre : Chuck Person, James Ferraro, Macintosh Plus ou encore Oneohtrix Point Never. Ils appartiennent tous à ce mouvement musical encore inconnu il y a sept ans et qui ne cesse, pourtant, de se réinventer. « L’intérêt principal de la vaporwave, dans un monde où plus rien n’est privé, c’est de rester anonyme », détaille Eco Virtual, un artiste masqué du web. Cette sentence apporte un premier élément de réponse : peu importe d’où vient la mélodie ou qui la produit, ce qui compte, c’est la musique en elle-même. Et l’idéologie qu’elle véhicule.

Un style unique. La vaporwave se base sur le sample d’environnements sonores liés à l’univers des années 1980 et 1990 : des sons d’ambiances, comme les musiques d’ascenseurs, de centres commerciaux, d’hôtels, de salles d’attente, le tout mixé avec de la pop, du funk, du R’n’B ou encore du smooth jazz. Pour créer cet univers, les artistes ralentissent les samples, en font des boucles, les répètent, les tordent et les compressent. Le résultat ? Un genre inclassable. Inqualifiable. Hybride.

Mais au royaume de la vaporwave, les rois deviennent vite des has been. De nouvelles esthétiques apparaissent, de nouveaux sons et des nouvelles identités aussi. Dès 2011, seulement un an après la création du genre, Macintosh Plus débarque. Avec lui, des images fluorescentes tirées de la culture asiatique et des sculptures romanes. Bref, à peine née, la vaporwave continue d’aller de l’avant. Le « future funk » ainsi que le « mall soft », deux styles dérivés, font rapidement leur apparition : même combat, même idéologie, mais un style musical qui, lui, évolue et explore d’autres contrées.

Parodie. D’après le site Esquire, ce genre est apparu en réaction aux problèmes sociaux et économiques majeurs de notre temps : la globalisation, la consommation à outrance et l’importance d’internet et des ordinateurs dans nos vies. Quant à l’esthétique, comme les sons, il est inspiré de la culture des années 1980 et 1990 : vieilles publicités, jeux vidéo, films, couleurs tape à l’œil, images rétros ; une manière de taper sur le capitalisme consumériste. En réutilisant ces codes, la vaporwave n’a qu’un seul but : parodier et ridiculiser cette culture pop, à la fois actuelle et ringarde.

En France, cette sous-culture, émergée exclusivement sur le net, débarque lentement. Mais en Amérique du Nord, les mastodontes du Rap et R’n’B comme Rihanna ou encore Drake en ont récemment repris les codes esthétiques  ou du moins ceux du seapunk. La vaporwave, ou le mauvais goût au goût du jour ? En tout cas, une chose est sûre : les styles musicaux en « wave » n’ont pas fini de faire des vagues.

Crédits photo : Natasha Hassan

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