Tuto : comment réussir son album de pop française

À entendre les albums de Fishbach et La Féline, 2017 devrait être encore un grand cru pour la pop française. Mais comment rivaliser avec toutes ces réussites sans tomber dans le cliché ou la redite ? Jack vous donne quelques conseils.

Prôner l’indépendance et l’amateurisme. Pour ne pas se faire griller la politesse, il n’y a pas de temps à perdre à chercher un label ou à devenir le nouveau Bashung, le genre d’artiste qui peut se permettre de produire un disque du calibre de « L’Imprudence » tout en connaissant le succès. Aujourd’hui, il faut savoir évoluer selon ses propres moyens, faire confiance aux labels indépendants (La Souterraine, Born Bad ou Entreprise) et créer un univers foncièrement DIY : Flavien Berger, Jacques ou encore Salut C’est Cool le savent mieux que quiconque.

Mettre de côté la politique. Même si le premier album de Noir Désir fête ses vingt ans cette année, il est incontestable que la nouvelle génération doit plus aux innovations stylistiques et à l’apolitisme de Christophe qu’aux brûlots contestataires des Bordelais. Il y a bien sûr des titres qui bénéficient d’un sous-texte engagé (Mortel de Fishbach), mais les artistes pop actuels donnent surtout l’impression de vouloir fuir le monde et ses dérives. Et là, on peut citer Adieu l’enfance de La Féline, Il faut partir d’Aline ou encore Pour oublier, je dors de Mansfield. Tya.

Reléguer aux oubliettes les grandes figures de la chanson. On le voit aujourd’hui avec Fishbach, il n’est plus nécessaire de se référer systématiquement au trio Brel-Brassens-Ferré pour oser chanter en français. Tandis que l’auteure du fascinant « À ta merci » revendique sa passion pour Mylène Farmer, Pharaon De Winter reprend trois titres de Balavoine, VedeTT triture le fameux Et tu danses avec lui de C. Jérôme et Guillaume Teyssier sublime Les Princes des villes de Michel Berger sur une compilation de La Souterraine dédiée aux chanteurs de variété. C’est plus audacieux qu’on ne le croît, ça ouvre de nouveaux horizons et ça fait un bien fou.

Exposer son spleen. « Notre propos ne doit pas être considéré comme une défaite. C’est une fuite mais par l’esprit. Ce n’est pas un abandon mais une désillusion légère », expliquait le leader de Feu! Chatterton à Slate en janvier 2016. Et cette douce mélancolie, cette belle lassitude, il ne faut pas hésiter à l’exploiter. Ces dernières années, sous des formes esthétiques clairement opposées, Grand Blanc, Mansfield. Tya, Arman Méliès ou encore Blondino en ont d’ailleurs clairement fait leur marque de fabrique.

Faire péter les barrières stylistiques. Ce qui est fascinant avec cette nouvelle scène française, c’est qu’elle n’a au fond, rien d’une scène. La Femme évolue à des années-lumière d’Aquaserge, François & The Atlas Mountains n’a aucun point commun avec Forever Pavot, Requin Chagrin et Moodoïd semblent prôner deux genres musicaux différents, et pourtant tous se rejoignent dans cette volonté d’amener la pop française toujours plus loin, plus haut, à l’opposée des clichés et des standards aptes à faire vibrer la permanente de votre grand-mère.  

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