Tous les albums de Kanye West classés du plus génial au plus nul

À ceux qui ont envie d’y croire, « Jesus Is King », le nouvel album de Kanye West, possède enfin une date de sortie : ce sera le 25 octobre. Vrai ou faux, cette info donne en tout cas envie de revenir sur la discographie de Yeezus. À notre manière, en classant ses disques du meilleur au plus mauvais, si tant est que ce terme convienne à un disque du "kid" de Chicago.

« My Beautiful Dark Twisted Fantasy » (2010)

Oubliez la polémique avec Taylor Swift, sa rupture avec Amber Rose, son procès avec Gaspar Noé ou même ses G.O.O.D. Fridays, rendez-vous hebdomadaire où il lâchait des morceaux sans que l’on sache ou non s’ils annonçaient un projet. « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » est la seule chose à retenir de Kanye West au croisement des années 2000 et 2010. Plus qu'un simple album, celui-ci incarne d'ailleurs la folie créative d'un artiste capable de réunir sur un même disque une flopée de stars (Kid Cudi, Elton John, Bon Iver, Alicia Keys etc.) et de s'autoriser toutes les extravagances stylistiques.

À l'inverse de « 808s and Heartbreak », son album précédent, tout en introspection et fragilité, « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » est donc une œuvre fleuve, collective, du genre à faire passer le hip-hop dans une autre dimension.

« The College Dropout » (2004)

En interview, Jay-Z disait qu'un artiste ne pouvait pas faire d'album plus personnel que son premier effort, dans le sens où c'est celui que l'on a en soit depuis la naissance. Au moment de la sortie de « The College Dropout », en 2004, voilà déjà trois ans que Kanye West travaille sur certains titres, et c'est vrai que celui-ci est une œuvre intime. À l'image de Through The Wire, enregistré après un accident de voiture.

À l'époque, on le connait pour ses productions pour Jay-Z, Talib Kweli ou Common, mais il est temps pour lui de s'affirmer, de faire dans le récit familial (Family Business) comme de célébrer la culture afro-américaine (All Falls Down). Les samples sont tous prodigieux, la production exceptionnelle et le propos forcément captivant. En conclusion, Kanye West a même eu l'intelligence de placer Last Call, un titre où il évoque son parcours, de simple beatmaker à producteur/MC respecté. Le début de la gloire.

« Yeezus » (2013)

Au moment de la sortie de « Yeezus », Lou Reed prend la parole pour Talkhouse et compare l'intention de Kanye à celle qui l'a poussé autrefois à enregistrer son « Metal Music Machine ». Et Lou Reed voit juste : « Yeezus » est le disque jusqu'au-boutiste d'un artiste débordant de génie et d'idées, mais parfois bien incapable d'y faire le tri ; raison pour laquelle, d'ailleurs, le kid de Chicago appelle Rick Rubin quelques semaines avant la sortie du disque pour mettre un peu d'ordre dans tous ces morceaux.

« Late Registration » (2005)

Avec l'arrogance qu'on lui connaît, Kanye West a dit un jour : « J’ai l’impression d’être trop occupé à écrire l’histoire pour la lire. » Et, quelque part, il a raison, tant « Late Registration » réécrit l’histoire de la Great Black Music avec ses idées mélodiques (Gold Digger, où il redonne vie à Ray Charles) et ses samples (Touch The Sky où il magnifie un ancien tube de Curtis Mayfield).

D’ailleurs, ne faisons pas les timides : en échantillonnant les morceaux de Gil Scott-Heron, Otis Redding ou Natalie Cole, ce n’est pas simplement leur répertoire que Kanye West revisite, mais bien une façon pour lui de signifier qu’il joue désormais dans la même cour. Et, une fois encore, il a raison.

« 808s and Heartbreak » (2008)

En 2008, le hip-hop est à un tournant. Il n’est plus simplement question de rapper sur des beats faits de samples de soul, de funk ou de disco (on schématise grossièrement là !) : place au chant, à l’Auto-Tune, aux propos intimes et aux mélodies pop, composées sur des synthés. En clair, Kanye West a une nouvelle fois un coup d’avance sur les tendances à venir, et n’hésite pas, comme rarement dans le rap, à se montrer vulnérable, parfois au bord de la rupture.

« The Life of Pablo » (2016)

Maintes fois repoussé, masqué par diverses interventions médiatiques intempestives, « The Life of Pablo » n'en reste pas moins un disque foisonnant de propositions. Il y a déjà ce casting (Frank Ocean, Rihanna, Kendrick Lamar, Young Thug). Il y a aussi ce sens de la mélodie imparable, malgré des ornementations complexes et tout un tas d'orchestrations audacieuses. Enfin, il y a ces samples, à travers lesquels Kanye West rend autant hommage à ses idoles qu'à lui-même - le fait que Famous, par exemple, sample Bam Bam de Sister Nancy et invite Rihanna à réinterpréter Do What You Gotta Do de Nina Simone, une artiste mainte fois samplée par Ye, en atteste avec brio.

« Graduation » (2007)

Celui que Roc-A-Fella ne voulait pas signer termine l'année 2007 en livrant le troisième volet de sa trilogie estudiantine et en entérinant une certaine idée du hip-hop - en même temps que la carrière de 50 Cent, mais c'est un autre débat.

Contrairement à « The College Dropout » et « Late Registration », des sonorités synthétiques pointent ici le bout de leur nez (Stronger). Des refrains pop également (Homecoming avec Chris Martin). C'est très fort, ça pose Kanye West en Champion du rap mondial et ça lui permet de toucher pour la première fois des gens au-delà de la sphère hip-hop avec des tubes qui gardent aujourd'hui encore toute leur puissance sans rien devoir à la nostalgie.

« Watch The Throne » (2011)

On entend déjà les fans de Kanye (et de Jay-Z) s'offusquer que « Watch The Throne » soit si bas dans le classement. Et on les comprend : après tout, ce disque est l'association de deux poids lourds du hip-hop, un disque All-Star porté par des singles de haute volée (Otis, Niggas In Paris) et défendu de façon spectaculaire sur scène. Sauf que, un peu plus de huit ans après sa sortie, force est de constater que « Watch The Throne » a quelque peu vieilli par instant. L'éternel problème, finalement, des œuvres un peu trop clinquantes.

« Ye » (2018)

« Simple brouillon », « œuvre incomplète », « version édulcorée et écrite en urgence d'un album qui n'a jamais vu le jour » : beaucoup de choses ont été dites au sujet de « Ye », notamment qu'il n'est pas un album à la hauteur du talent du Kanye West, habituellement à l'avant-garde. Or, impossible de ne pas reconnaître que l'Américain, avec ce disque, met en son ce qui l'occupe ces derniers mois : son amour pour le gospel, qu'il véhicule chaque dimanche à travers les États-Unis avec ses Sunday Services.

« Kids See Ghosts » (2018)

Nettement moins baroque et grandiloquent que « Watch The Throne », son premier album commun « Kids See Ghosts », sorti le même mois que « Ye », est un disque fragile, celui de rappeurs qui se plaisent à chantonner leur spleen, et incitent donc davantage à l’introspection qu’à aller pendre leur patron. C'est aussi l'énième preuve que Kanye West est un formidable producteur, capable ici de remettre un Kid Cudi au centre de la hype, lui que l'on croyait perdu dans les limbes de la fin des années 2000 et des fluo kids.

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