Theo Lawrence & The Hearts : "On adorerait bosser avec Dan Auerbach"

Programmé deux jours de suite au Festival International de Jazz de Montréal, Theo Lawrence & The Hearts poursuit sa belle ascension en attendant l’album, prévu pour 2018. Présent sur place, on a parlé de soul, d’égocentrisme et de Dan Auerbach avec ces Frenchies.

Théo, en tant que franco-canadien, j’imagine que ça a une signification particulière pour toi d’être ici, à Montréal ?

Théo : Honnêtement, c’est une date importante pour tout le groupe, dans le sens où c’est l’une des premières fois que l’on prend l’avion tous ensemble pour aller donner un concert. Après, oui, personnellement ça représente également beaucoup. C’est la première fois que certains membres de ma famille vont me voir en concert et pas autour d’un repas.

Le groupe est réellement né lorsque Heaven To Me a été composé, c’est bien ça ?

Théo : On a commencé à jouer ensemble un peu avant, mais Heaven To Me est le premier morceau que l’on a présenté au public et qui a défini l’identité de notre son. Avant, on jouait à trois ou quatre, mais l’arrivée d’un cinquième membre et d’un orgue a donné le ton pour la suite.

Sachant que vous êtes cinq, est-ce que ce n’est pas un peu égocentrique de nommer le groupe ainsi ?

Théo : Avant, on s’appelait juste « Theo Lawrence », donc ça l’été nettement plus, ha ha. Là, on a décidé de se trouver un nom de groupe parce qu’on fonctionnait de plus en plus de cette façon, que ce soit dans le travail de composition ou dans les arrangements. On a donc rajouté The Hearts après mon nom, histoire de ne pas faire trop mégalo. Pour tout dire, on a même pensé à s’appeler uniquement The Hearts, mais on a fini par rester sur notre première idée.

« On veut juste faire du neuf en apprenant des erreurs commises par les musiciens des décennies précédentes. »

Est-ce que vous ne trouvez pas paradoxal le fait que l’on considère votre musique comme du revival soul alors que vous n’avez pas connu l’âge d’or de cette musique ?

Théo : Ça nous a toujours étonnés, oui. Et puis ça veut dire quoi faire revivre la soul ? C’est un genre incroyablement vivant, qui bat son plein encore aujourd’hui avec tout un tas d’artistes fascinants. Nous, notre but est plus simple : on veut juste faire du neuf en apprenant des erreurs commises par les musiciens des décennies précédentes.

Louis-Marin Renaud : On passerait totalement inaperçus si on suivait les tendances, qu’elles soient éphémères ou non. Et puis, il faut être honnête : la musique ne part jamais de rien, on a toujours besoin de puiser son inspiration quelque part. Et, forcément, c’est plus facile de s’imprégner des années 1970 ou 1980 que des groupes qui nous sont contemporains.

On sent une grosse influence des productions de Stax Records dans vos morceaux. D’où vient cette passion ?

Théo : On n’y est pas venus tout de suite. Quand on a commencé à se côtoyer, on était tous marqués par des groupes de rock comme les Ramones, Led Zep, les Stones ou les Clash. C’est uniquement en s’intéressant à leurs influences que l’on est tombés sur toutes ces figures mythiques de la soul.

Nevil Bernard : Le hip-hop nous a aidés aussi. Dès qu’on entendait un morceau que l’on appréciait, on allait sur internet pour découvrir l’origine du sample et on tombait sur des morceaux de soul. Un peu comme Hotline Bling de Drake, qui sample Why Can’t We Live Together de Timmy Thomas, un titre qui avait été numéro un lors de sa sortie en 1972.

Vous pensez que votre musique a une dimension spirituelle, comme un sacré nombre de productions soul ?

Théo : Oui, sans doute. Ça se retrouve d’ailleurs dans certains titres de nos morceaux, même si on ne cherche pas à faire de la musique religieuse. C’est juste que l’on écoute beaucoup de soul et que l’on aime ce mélange de spiritualité et trivialité.

« Un mec comme James Brown, par exemple, n’a pas eu besoin de chanter Sex Machine pour dégager un truc franchement sexuel. »

Est-ce qu’il n’y a pas une dimension sexuelle également ?

Théo : Je crois que les artistes soul le sont malgré eux. Un mec comme James Brown, par exemple, n’a pas eu besoin de chanter Sex Machine pour dégager un truc franchement sexuel dans ses morceaux ou sur scène. Ça se retrouve dans son groove, dans ses pas de danse, dans sa manière d’aborder la musique. De toute façon, la soul est intrinsèquement sexuelle. Même si je n’ai pas l’impression qu’on le soit aujourd’hui.

J’ai lu que vous rêviez de collaborer avec Dan Auerbach. Pourquoi lui ?

Théo : C’est un des artistes que l’on admire le plus, notamment parce qu’il arrive à rassembler tous les styles de musique que l’on aime. Il ne fait pas revivre des sons réchauffés de la soul ou du blues et c’est très inspirant. Avec les gars, on essaye de faire pareil : on ne cherche pas à représenter un genre de musique en particulier. On se voit plus comme des éponges, des gars qui aimeraient représenter le son de leur époque.

Votre premier album était prévu pour début 2018. On en parle ?

Théo : On a fait une grosse session d’enregistrement il y a trois semaines à Angers, mais il manque encore un ou deux morceaux. Cela dit, l’album est presque finalisé et arrive bientôt. On espère que ceux qui nous connaissent depuis le début seront surpris : on a vraiment essayé de faire évoluer notre son, d’avancer au feeling et de ne pas être fidèle à nos précédents EP.

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