"The Fragile" de Nine Inch Nails a 20 ans : retour sur un disque ultra solide

Sorti le 21 septembre 1999, ce double album reste le chef-d’œuvre d’un groupe à l’ambition folle, prêt à canarder tous les rockeurs qui tombent dans l’exercice de style un peu obligatoire.

Tabula rasa. Avec « The Fragile », Trent Reznor et sa bande tentent un pari risqué : faire cohabiter deux univers opposés et à priori difficilement compatibles. Le premier voit les Américains se lancer dans des mélodies brutales, gueulardes et presque malsaines parfois. Le second s’entend au contraire comme un retour au calme, à des morceaux plus intimes, plus nuancés mais tout aussi torturés.

En résulte un double album, vingt-trois morceaux et cent minutes de folie pure et de déraison, comme s’il s’agissait de faire table rase du passé : d'abord réussir à faire oublier un album tel que « The Downward Spiral » (publié en 1994), mais aussi les diverses collaborations, avec Marylin Manson notamment, pour qui Trent Reznor a produit deux disques.

L'homme qui allait ailleurs. Conscient du monstre qu’il vient de créer, Reznor en profite à l’époque pour livrer quelques conseils, quelques pistes de lecture : « Il faut oublier ce que j'ai pu enregistrer avant, l'écouter d'une traite, très attentivement, et en définitive, je l'espère, peut-être sentir qu'il a quelque chose de spécial. » Et spécial, « The Fragile » l’est à coup sûr. Grâce à ce son, très lourd, très indus, mis en place aux côtés d'Alan Moulder (producteur de Jesus & Mary Chain ou My Bloody Valentine à l'époque).

Mais aussi du fait de ses emprunts à différents genres musicaux (trip-hop, pop, metal, drum’n’bass, etc.) et de cette façon de prolonger l’ambition autrefois défendue par David Bowie (dont Trent Reznor est fan, au point d'avoir invité Mike Garson, pianiste sur « Aladdin Sane » !).

Un bon son brut. « The Fragile », sorte de point de ralliement entre King Crimson, « Metal Music Machine » de Lou Reed et Autechre, est exactement ça : un album conceptuel, avec ses thèmes récurrents (La mer), ses interludes, ses singles presque évidents (The Big Come Down, Starfuckers, inc.) et cette volonté de ne jamais lâcher l'auditeur, de l’envoyer valser contre un imposant mur du son (symbolisé en quelque sorte par la pochette) pour mieux l’emmener dans les vertiges d’un Trent Reznor plus que jamais soumis à ses troubles mentaux.

Au point que le magazine Spin parlait à l'époque de « The Fragile » comme d'une « alternative au suicide ». C'est dire si Trent Reznor n'a jamais été là pour faire rire les oiseaux et chanter les abeilles. 

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