Spike Lee et la musique, une histoire d’amour qui fait boom boom

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes de 2018 avec "BlacKkKlansman", Spike Lee est aussi ce formidable mélomane qui a su imposer Public Enemy, la Motown, Stevie Wonder ou Prince dans ses films.

Mélodies en sous-sol. Moins célébré que Tarantino, Lynch ou même Kubrick, Spike Lee n’en reste pas moins un amoureux de la mélodie. Un de ces réalisateurs passés par la case vidéo clip (Money Don't Matter 2 Night de Prince, They don't Care About Us de Michael Jackson et même Cose Della Vita de... Eros Ramazzotti) qui ont toujours su s’entourer de musiciens de talent pour concevoir des bandes-son tout aussi mythiques que les films qu’elles illustrent.

Pour le réalisateur américain, il y a d’abord eu Ben Lee, son jazzman de père engagé à la mise en son de ses quatre premiers longs métrages. Il y a ensuite une collaboration avec l’écurie Motown, chargée de concocter une B.O. taillée pour conquérir les charts à l’époque de Do The Right Thing, mais également tous ces films réalisés aux côtés du trompettiste Terence Blanchard (Malcolm X, Clockers, La 25ème heure, etc.)

Hood movies. Dans la carrière de Spike Lee, il existe toutefois un avant et un après Public Enemy. En 1988, quelques mois avant la sortie de Do The Right Thing, il demande à Chuck D et sa bande de s’approprier le negro spiritual Lift Every Voice And Sing. Peu emballé, le crew new-yorkais insiste alors pour composer un morceau inédit et donne ainsi naissance à l’un de ses plus célèbres brûlots : Fight The Power, dont Spike Lee réalise le clip.

« Dès que j ai écrit le scénario, je savais que j'allais avoir besoin d'un hymne, une chanson très violente qui accompagnerait Radio Raheem, déclarait-il en 1989 aux Cahiers du Cinéma. Dès qu'on voyait Radio Raheem, il fallait entendre ce morceau à plein tube. Et le choix de Public Enemy était le meilleur possible. » Il est alors en phase avec les bouleversements (musicaux, sociaux, économiques) suscités par le hip-hop au sein de la culture noire.

Le passeur. En vrai, Spike Lee l’a toujours été, utilisant systématiquement la musique pour appuyer son message et ancrer son cinéma dans une tradition afro-américaine. Dans ses B.O., on entend ainsi du hip-hop, du jazz, du go-go ou même des grands noms de la Great Black Music (Stevie Wonder, Prince), auxquels le réalisateur a plusieurs fois cherché à rendre hommage : on pense ici à Mo' Better Blues, qui devait à l'origine s'intituler A Love Supreme (en référence à l'immense album de John Coltrane), et Michael Jackson, Naissance d'une légende, un documentaire consacré à l'album « Off The Wall » du Roi de la pop. Rien que pour ça, c'est toute la filmographie de Spike Lee qui mérite d'être (re)découverte.

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