Au fait, il reste quoi de la nu rave ?

Le 29 janvier 2007, les Klaxons sortent « Myths of The Near Future », un premier album qui annonçait l’éclosion d’une scène portée par des refrains énergétiques et des fluokids surexcités. Dix ans plus tard, on fait le bilan.

En 2006, un journaliste du Guardian disait de la nu rave qu’elle n’était qu’un « pauvre phénomène jeune, condamné à disparaître rapidement ». À l’écoute des premiers albums de New Young Pony Club, de CSS, de Hadouken! et des Klaxons, nombreux sont alors les fluokids à pointer du doigt le journal anglais. Quelques mois plus tard, après que l’un des groupes phares du mouvement a empoché un Mercury Prize (Klaxons), on ne pouvait pourtant que lui donner raison.

Aussi fascinante, excessive, extravagante et influente soit-elle (on en retrouve la trace dans des séries telles que Skins ou Misfits), la nu rave, terme inventé par Joe Daniel, producteur des premiers singles des Klaxons, n’en reste pas moins un genre terriblement éphémère. Dès la fin des années 2000, New Young Pony Club tente de se réinventer sous le nom NYPC, Hadouken! se fourvoie dans un deuxième album indigeste, Does It Offend You, Yeah? entretient le mystère d’un retour depuis fin 2015 sans que personne n’y prête réellement attention et Shitdisco a eu l’intelligence de se séparer après son deuxième album en 2008.

Samuel Eastgate de Late Of The Pier a certes su s’offrir un second souffle avec le projet LA Priest, pareil pour Lovefoxxx de CSS avec le fameux « Nightcall » de Kavinsky ou encore les Klaxons avec des disques plus psychédéliques, mais l’on ne peut que rejoindre Conor McNicholas, rédacteur en chef du NME, lorsqu’il dit qu’aucun artiste « ayant été associé à cette scène n’a été capable de composer un deuxième album qui intéresse quelqu’un ». Et ce n’est pas grave. Car, aussi fugace soit-elle, la nu rave aura symbolisé la rencontre hystérique de l’électro et du punk, offert un pendant pertinent et déjanté au renouveau de la scène indie-rock et imposé des vêtements flashys à une génération prête à ériger des titres comme Atlantis To Interzone ou Alala en classiques aussi hybrides que gentiment anarchiques. « Music for an accelerated culture », comme le disait si bien le premier album de Hadouken!.

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