Rencontre avec Tshegue, le duo qui veut relancer l'afropunk

Entre afropunk et électro, Tshegue a fait bouger les lignes depuis la sortie de premier EP en 2017. A quelques jours de son passage au festival Mawazine, au Maroc, la moitié du duo, Faty Sy Savanet, nous en dit un peu plus sur ce projet qui veut exploser les frontières.

Ta rencontre avec Dakou, l’autre moitié de Tshegue, est assez particulière. Tu peux revenir là-dessus ?

C’était lors d’une soirée organisée par des amis communs. Ça faisait deux ans que j’avais mis en stand-by Jaguar, un groupe punk avec lequel j’avais joué pendant trois ans, et j’avais cette volonté de m’exprimer par la musique, à travers les percussions. De son côté, j’ai ressenti la même envie et j’ai fini par lui balancer qu’on finirait forcément par faire de la musique ensemble. Ça n’a pas manqué.

Tu as l’impression d’être un pur produit de ta génération, dans le sens où tu mélanges beaucoup de styles différents ?

Bien sûr, mais je ne suis pas en revendication, ni énervée, je suis simplement fière de revendiquer mon métissage, de mettre en son un langage universel. Depuis toujours, je rêve d’un monde sans frontières et c’est ce que j’aspire à inspirer avec ma musique. L’idée, c’est de casser les codes, de ne pas m’enfermer dans un moule et de faire comprendre aux gens que les origines ne comptent pas. Ce qui importe, c’est l’énergie que véhicule un morceau.

« C’est dans la répétition que les instruments finissent par se révéler et que l’auditeur peut entrer dans une sorte de spiritualité. »

C’est pour ça que tu te permets de mélanger les langues ?

Carrément ! J’ai grandi auprès de familles algériennes, ma mère parle le lingala et moi je parle autant l’anglais que le français. C’est donc assez naturel pour moi de tout mélanger. Même si, encore une fois, je suis plus dans l’expression et l’émotion qu’autre chose. Ce que je recherche, ce sont des mots que n’importe qui peut comprendre et qui peuvent te permettre d’entrer dans des états bien précis.

La transe semble d’ailleurs très importante pour toi ?

J’adore les rythmes répétitifs, en effet. Pour moi, c’est ce qui te permet de passer d’un état à l’autre sans forcément changer d’ambiance ou de rythmes. Ça laisse de la place à l’interprétation, à l’expression et à ces petits détails que tu finis par remarquer à force d’écouter les morceaux. Selon moi, c’est uniquement dans la répétition que les instruments finissent par se révéler et que l’auditeur peut entrer dans une sorte de spiritualité.

À ce propos, j’ai lu que tu croyais uniquement « en la Lune et au Soleil ». Hmm..

Mon père est musulman, ma mère chrétienne, mais moi je crois profondément en la spiritualité. Je te rassure, il m’arrive moi-même de croire parfois que je suis tarée, mais ma vision des choses me paraît finalement implacable : sans le soleil, l’oxygène n’est plus, donc les êtres humains non plus. Pareil pour la lune : on n’est absolument rien sans ces deux éléments. Ce sont eux nos Dieux, eux qui peuvent nous enlever à la vie.

Un des morceaux de Tshegue se nomme Survivor. Tu as l’impression d’avoir survécu à quelque chose de particulier ?

Tu sais, en débarquant de Kinshasa, j’ai dû survivre aux changements de température et aux différences culturelles. Mais mon cas n’a rien d’exceptionnel, je pense sincèrement que nous sommes tous dans la survivance. 

Tshegue est en concert le 25 juin au festival Mawazine, au Maroc

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