R. Kelly plaide non coupable dans son procès pour abus sexuels et pédophilie

Cette fois, c’est sûr : il ne touchera plus jamais le ciel.

Un chanteur en prison pour 70 ans. C’est certainement un hasard d’agenda, mais l’affaire au cœur de laquelle se trouve R. Kelly depuis plusieurs mois s’accélère alors même que l’image de Michael Jackson est entachée par des soupçons de pédophilie. Dans le cas du « Roi de la pop », c’est la diffusion du documentaire Leaving Neverland sur HBO qui a permis à deux hommes (désormais majeurs) de témoigner d’abus sexuels ; dans le cas de R. Kelly, ce sont les victimes qui, depuis plusieurs semaines, se révèlent peu à peu, et preuves à l’appui.

Déjà accusé d’être un gourou sexuel et d’avoir retenu chez lui, à Chicago, six jeunes femmes contre leur gré, R. Kelly est désormais également accusé de pédophilie par trois victimes mineures. Le chanteur, qui s’est volontairement rendu vendredi dernier, risquerait de 30 à 70 ans de prison s’il est reconnu coupable. Et la véritable information, hélas, est là : R. Kelly a fait savoir par l’intermédiaire de son avocat qu’il ne s’estimait en rien coupable pour les faits reprochés (et ce en dépit du fait qu’une des victimes mineures ait fourni des échantillons de sperme). Au total, ce sont 10 chefs d’inculpation qui planent sur celui qui a épousé Aaliyah à l’âge de 15 ans (il en avait 27).

Des fans « féminines » veulent payer sa caution. Comme dans l’affaire Jackson citée ci-dessus, c’est un documentaire qui a remis le feu aux poudres pour Kelly. Nommé Surviving R. Kelly, le film diffusé en France sur Planète+ Crime & Investigation et à découvrir sur myCANAL, a permis de mettre en lumière « les abus sexuels, mentaux et physiques » de celui qui, par son statut social, se pensait intouchable. Intouchable, peut-être, mais pas millionnaire : la caution nécessaire à sa libération conditionnelle était fixée à 100 000 dollars ; somme que le chanteur a d'abord été dans l’impossibilité de réunir, mais que des fans féminines du « gourou » auraient proposé de payer à sa place. Un greffier du tribunal de Chicago aurait ce week-end reçu plusieurs coups de fil allant dans ce sens. De quoi rendre l’affaire Kelly encore plus incompréhensible : "Un greffier vient de me dire que leur bureau recevait des appels de fans féminins de #RKelly voulant savoir comment payer sa caution pour lui, précise un tweet d'un journaliste, l'amour est réel, je suppose."

Depuis, l'artiste a finalement réussi à payer sa caution et est sorti de sa détention, sans un mot. Son avocat Steve Greenberg expliquant tout de même : « Personne ne nous a montré de preuve qu’il a fait quelque chose de mal. » Pas sûr que ça aide son client...

La morale en question. Cette affaire, glauque et sordide, pose également la question du droit des auditeurs à continuer d’écouter ces artistes coupables – ou en voie de l’être – de crimes. Spotify avait déjà retiré en 2018 R. Kelly de ses playlists ; mais le nombre d’écoutes de ses morceaux aurait dans le même temps grimpé dans certains pays (l’Allemagne notamment). Ce qui pose un cas de conscience pour les principales plateformes de streaming. Spotify, encore, propose désormais de bloquer soi-même les artistes qu’on ne souhaite plus voir apparaître dans sa timeline. Quant à l’ancien héros des années 1990, sa prochaine audience est fixée au 22 mars.

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