Qui veut un recueil des meilleures punchlines de Booba pour 300 balles ?

« Le bitume avec une plume » sort le 9 décembre, sera limité à 200 exemplaires et renfermera l'intégralité des textes de Booba. Soit plus de 600 pages de violence crue, de poésie pure, de délires d'ego trip et de réflexions personnelles de la part d'un MC qui se « lave le pénis à l'eau bénite ».

Selon Thomas A Ravier, auteur de la préface du receuil Le bitume avec une plume, du nom d’un des premiers grands classiques de Booba en solo, une punchline consiste à « exécuter un adversaire intellectuel ou un concurrent mondain dans une formule ironique qui rassemble le plus d’électricité en le moins de mots ». 

Dès lors, qui mieux que B2O pour illustrer ce propos, lui qui a toujours défendu cette approche de la rime, quitte à critiquer les anciens (notamment NTM) pour leur manque d’attrait pour les « phrases fortes » ? Réponse : personne ! Et c’est précisément pour ça que les punchlines débordent de ce recueil de 608 pages. Chez Jack, on en a retenu cinq, ce qui ferait soixante euros l’unité selon le modèle économique du rappeur du 92.

« Si tu kiffes pas renoi t'écoutes pas et puis c'est tout » (Le crime paie

Parce que Booba n’a jamais été du genre à faire des concessions, aussi bien dans l’écriture que dans son rapport aux médias - pas pour rien si le mec est toujours en froid avec Skyrock, à qui il reproche de n'avoir pas cru en lui à ses débuts, et à Booska-P, pour diverses histoires d'exclusivités non respectées.

« Né dans une cible, on a coupé mon cordon avec une scie / Neuf mois dans un bunker, le majeur debout / L'daron a craché dans un chargeur » (Écoute bien

Parce que, au-delà du champ lexical de la guerre et d'une construction de phrase antéchronologique (de la naissance à sa conception), cette phase représente bien le « dangereux phrasé » de Booba et son aptitude à mettre en place des métagores, soit la fusion inédite de la métaphore et du gore.

« C’est pas la rue mais l’être humain qui m’attriste / Comment leur faire confiance, ils ont tué le Christ. » (Boulbi

Parce que cette punchline arrive sans que l’on s’y attende au sein d’un morceau plus égotripé que personnel, et parce que la crucifixion semble hanter l’œuvre de Booba – ceux qui aiment Pitbull ou Paradis savent à quoi on fait allusion ici.

« Rajoute des zéros qu’on conclue / Barbu comme Carlos Boozer, c'était juste moi dans ton cul, t'as cru qu'on était plusieurs » (Bakel City Gang

Parce qu'il y a tout ici : la référence à l'argent ("Ma question préférée : qu'est-ce que j'vais faire de tout cet oseille" aurait pu également être citée ici), le name dropping (Carlos Boozer est un basketteur bien connu des fans de NBA), la référence à Taxi Driver et le culte du corps. La vie, quoi !

« Quand j'étais minot, beaucoup de négros corde au cou / Vénus de Milo, anus de J-Lo, je veux tout » (Friday) 

Parce que « la vie c’est dur, ça fait mal dès qu’ça commence », surtout quand ses ancêtres ont probablement connu l’esclavage (et donc la corde au cou…), Booba synthétise ici en deux phrases l'ambition d'un jeune noir, parti du plus bas mais prêt à mettre la foule à ses pieds : l'intelligentsia bourgeoise fan d'art contemporain comme les plus belles filles monde.

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