Qui es-tu MorMor, petit cousin canadien de Cigarettes After Sex ?

À 27 ans, et après 3 EP, MorMor semble enfin prêt à s’exposer à la face du monde avec une pop débridée et touchante. Oui, on vous jure.

Ça plane pour lui. Avec le temps, MorMor se bonifie. Comme un bon vin, il prend de l’âge et affine sa texture, sa couleur et ses goûts. Seth Nyquist de son vrai nom est originaire de la banlieue de Toronto, la ville de Drake, certes, mais surtout de BadBadNotGood et Charlotte Day Wilson desquels il se sent proche. Depuis qu’il a quitté l’école à 18 ans, ce fils de prof (il a grandi avec sa mère au début puis a été adopté) passe ses journées à écrire et enregistrer de la musique sur l’ordinateur offert par sa grand-mère la même année. Ça a donné un premier EP en 2015 (« Live For Nothing »), puis un second un peu plus tard en 2018, « Heaven's Only Wishful ». La chanson du même nom est un tube et les gens commencent à se demander qui se cache derrière ces douces mélodies et ces synthés planants. 

Bon tempo. Cette passion pour la musique, Seth la développe depuis qu’il est gamin. Il débute par le piano (sa mère en joue) mais le côté strict et carré des leçons ne lui convient pas. Il n’arrivait pas à lire la musique, mais ses doigts parvenaient tout même a rejouer la mélodie. Il passe ensuite à la trompette, la guitare et fait également partie d’une chorale au lycée. À l’aise, Seth produit (presque) tout ce qu’il fait, joue des instruments et écrit 90% des paroles. Il bidouille dans son coin et explore le champ des possibilités qui s’offre à lui. On parle ici d’un mec capable de passer d’un son de guitare électrique rock à un chant falsetto puis à un synthé casio façon années 1980. 

Vulnérable. Dans ses chansons, le Canadien essaie d’être le plus honnête possible. « Je garde beaucoup d'émotions et de ressentis en moi. J’ai besoin de les exprimer pour les évacuer. Je matérialise tout ça à travers la musique. J’y vide mon sac. Je cogite beaucoup, ce qui me donne envie de créer. On se sent toujours plus inspiré quand on est vulnérable », raconte l’artiste au magazine Numéro. Mais comme ses morceaux sont très personnels, ils sont fatalement parfois difficiles à chanter sur scène. C'est cependant pour lui l’unique manière de composer. 

Inclassable. Ce deuxième EP, comme le troisième dans les bacs depuis fin août, est sorti sur son propre label, baptisé Don’t Guess. Seth se dit frustré par les codes de l’industrie musicale qui « pense tellement à l’argent et à la rentabilité des projets qu’elle finance qu’elle en oublie parfois la notion de créativité », comme il l’exprimait dans Les Inrocks. C’est pourquoi il prend son temps, peaufine ses nouvelles chansons, comme Some Place Else issue de son troisième EP. Mais il reste difficile de placer MorMor dans une case, tant il tord et s’approprie différents styles. On peut citer The Pains of Being Pure At Heart (sur Outside), David Lynch, Cigarettes After Sex, James Blake ou encore le Wu-Tang comme des influences notoires. Mettez tout dans un sac, secouez et vous avez une pop hyper maligne, bien pensée et déstructurée. 

Après trois EP, l’arrivée d’un premier album semble être la suite logique des choses. Et comme il est, selon ses mots, en constante évolution (comme un Pokémon), impossible d’anticiper les sonorités et les textures de ce futur album. Même si avec lui elles seront forcément inventives. 

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