Qui es-tu Little Simz, nouvelle héroïne du rap anglais adulée par Damon Albarn ?

Après une série de concerts en première partie de Gorillaz, Little Simz, 24 ans, vient de balancer « Grey Area », son album le plus ambitieux.

Écrire pour exister. Lorsque le reste de l'Europe l'a découverte en 2015, le réflexe un peu poussif a été de rapprocher Little Simz, 21 ans alors, à la scène Grime (Skepta, Stormzy, Giggs). Il y avait certes quelques similitudes : cet accent purement londonien, cette rage de dire et cette soif de violenter les habitudes (du hip-hop, du public, des médias...). Malgré tout, l'univers développé par l'Anglaise ne saurait se réduire à une simple déclinaison de quelques grands noms. Il est en réalité tout autre : plus ouvert, moins intense et peut-être plus conscient dans le propos.

Prose combat. « Blank Canvas » (relayé à l’époque par Jay-Z), « A Curious Tale Of Trials + Persons » et « Stillness In Wonderland », ses trois premiers projets majeurs, offraient déjà un aperçu de la singularité de Little Simz. Celle d’une jeune rappeuse au flow incisif, capable de s'attirer les louanges aussi bien des institutions (elle a eu deux nominations aux MOBO Awards) que de ses contemporains : Syd, BadBadNotGood, Michael Kiwanuka, mais aussi Damon Albarn qui l'a d'abord invitée sur l'album « Humanz » de Gorillaz, avant de lui proposer d'assurer les premières parties européennes de son groupe cartooné.

Thérapie. Tout irait donc pour le mieux ? Pas tant que ça, à en croire les dix morceaux réunis sur « Grey Area », son nouvel album, toujours autoproduit. De bout en bout, on sent ici l’album thérapeutique, celui que l’on compose (et que l’on écoute) pour soigner ses plaies, expulser ses pensées dépressives (Pressure), se rappeler avec nostalgie d’un temps révolu (101 FM) ou se questionner quant à sa place au sein de l’industrie musicale (Flowers et ses jolis clins d’œil à Amy Winehouse et Jimi Hendrix, deux icônes fauchées par ce milieu « sauvage »).

Conquérant. Rien de plombant pour autant à l’écoute de « Grey Area », notamment grâce aux productions d’Inflo, son ami d’enfance, qui se fiche visiblement de l’humeur soupe au lait de sa partenaire de jeu : ici, chaque mélodie (tantôt soul, tantôt jazzy, tantôt héritée de la discographie de Missy Elliott, qu’elle admire) ne cesse de donner de l’ampleur et de la consistance à une artiste qui, clairement, a des choses à dire. 

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