Quand Maroon 5 crée le malaise à la mi-temps du Super Bowl

Cette nuit, à Atlanta, les New England Patriots affrontaient les Los Angeles Ram. Mais c'est bien la performance de Maroon 5 et de ses invités (Travis Scott, Big Boi...) qui intéresse. Et interroge tout un pays...

« J'ai dit non au Super Bowl, vous avez besoin de moi, pas moi. » En juin 2018, sur Apeshit, Beyoncé et Jay-Z se voulaient plutôt clairs. Suite à la controverse déclenchée en 2016 par le joueur de football américain Colin Kaepernick - vous savez, celui qui avait mis un genou à terre lors de l'hymne américain pour dénoncer les violences policières contre les Noirs et soutenir le mouvement Black Lives Matter ? -, les Carter n’avaient pas l’intention de chanter à la mi-temps du Super Bowl.

Ce ne sont pas les seuls : Rihanna, Pink et Cardi B ont également refusé d’assurer le show pour les plus de 100 millions de téléspectateurs réunis devant cette finale opposant les New England Patriots aux Los Angeles Rams.

Polémique. Ces dernières semaines, les organisateurs ont donc dû trouver un plan B (nommé Maroon 5), et se confronter au mécontentement du grand public, sans que l’on sache vraiment pourquoi la présence du groupe d’Adam Levine était si dérangeante. Pour le malaise provoqué par une exposition trop longue à ses chansons insipides ? Ou pour le manque de soutien affiché à Colin Kaepernick, absent des terrains depuis son geste ?

Quoi qu’il en soit, une pétition sur change.org, signée par plus d'un million de personnes, a tenté jusqu’au bout de de convaincre Maroon 5 de se montrer solidaire. « Tant que la ligue ne changera pas de politique et ne soutiendra pas le droit constitutionnel des joueurs à manifester, aucun artiste ne devrait travailler avec la NFL », précisait la pétition. En vain.

Drôle de show. Cette nuit, Maroon 5 a donc fait son entrée dans un étrange contexte. Et sa performance, conclue torse nu, suscitant la colère de la NFL, toujours pas remise du nipplegate de Janet Jackson en 2004, n’a visiblement rien arrangé. Très critiqués sur les réseaux, les Américains ont tenté de sauver la mise en invitant Travis Scott, qui aurait accepté en échange d’un don de 500 000 dollars de la NFL à une organisation œuvrant pour la justice sociale, et Big Boi, venu interpréter l’éternel The Way You Move vêtu d’un manteau « ATLiens » – du nom du deuxième album d’Outkast, le duo qu’il forme avec André 3000. 

Suffisant pour faire taire les polémiques et réconcilier les différentes classes sociales américaines comme l’avait promis Adam Levine avant l'évènement ? Pas selon le pasteur Al Sharpton, figure de la lutte pour les droits des Noirs : « On ne peut pas aider des gens à vendre quelque chose et puis se retourner et dire qu'on est d'accord avec les gens qui manifestent. » Pour ces raisons, et pour tant d'autres, on préfère donc le concert donné hier à Atlanta par les Foo Fighters et Run The Jewels, sorte de pied-de-nez au grand raout évenementiel orchestré par la NFL et les pulicitaires américains.

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