Du punk à la pop, l'histoire du mot "fuck" dans la musique

Révélé par le punk, adulé par les rappeurs puis rendu glamour par certaines icônes de la pop moderne, l’histoire d’amour entre la musique et le juron le plus connu sur Terre remonte à presque 80 ans. Jack rembobine.

En 2010, le chanteur Cee Lo Green sort un titre avec l’expression dans son plus simple costume : Fuck You. La chanson devient instantanément un hit, tant elle sublime ces deux mots que les enfants n’ont pas le droit de répéter. En rendant glamour cette expression, Cee Lo Green rejoint une catégorie de musiciens, et pas seulement les rappeurs, qui ont fait le choix d’utiliser le mot interdit, que ce soit dans le titre ou au sein des paroles.

Punk As Fuck. Tout aurait commencé 62 ans plus tôt aux États-Unis. Eddy Duchin, pianiste, sort une version du titre Old Man Mose de Louis Armstrong et rajoute le mot « fuck », devenant ainsi la première chanson à contenir le juron dans une chanson. On est en 1938, aux États-Unis. Mais il faudra attendre quelques années avant de voir revenir l’injure dans la musique. Et s’il y a un genre qui va vite s’approprier le mot, c’est le punk, mouvement étroitement lié à la contestation de l’ordre établi et à la notion de liberté individuelle. C’est sans surprise, qu’en 1978, un groupe canadien, The Stiffs, sort Fuck You, puis qu’en 1982, un autre groupe punk, Fear, sort I Don’t Care About You, Fuck You. Dans les paroles punk, ces groupes expriment souvent une subversion, un mécontentement souvent radical à l’égard du système et des institutions. Et le juron colle parfaitement à cet état d’esprit.

93 Fuck(s). Mais ce sont réellement les années 1990, avec l’explosion du rap et de quelques groupes rock que le fuck prend une autre envergure. Les classiques ? Fuck Tha Police du groupe californien N.W.A, qui aborde le sujet des violences policières entre les jeunes Afro-américains et les forces de l’ordre. Les rockeurs de The Smashing Pumpkins sortent en 1995 Fuck You (An Ode To No-One). Il y a aussi les Gallois de Super Furry Animals qui font sensation avec The Man Don’t Give A Fuck où le groupe répète plus de cinquante fois le juron. Une chanson fait mieux : Fuck The World, du groupe Insane Clown Posse, avec plus de 93 répétitions du mot « fuck ». Mieux qu’Eminen, pourtant grand amateur de cette insulte.

Le Fuck Pop. Les années 2000 vont quant à elles rendre le fuck glamour, mignon, tendre et dans l’air du temps. Dès 2005, les nouvelles icônes du rock s’en emparent : Pete Doherty et son groupe Babyshambles sortent Fuck Forever sur l’excellent album « Down In Albion » et le second EP des Arctic Moneys s’intitule « Who The Fuck Are The Arctic Monkeys ». Utilisé majoritairement comme signe protestataire, le « fuck » se modernise, jusqu’à devenir pop. Lilly Allen en 2009 et Cee Lo Green en 2010, avec respectivement le titre Fuck You et Fuck You!, permettent au gros mot de se refaire une beauté. Les sonorités ne sont plus féroces, mais légères, éthérées et dansantes. Et si le « fuck » était devenu mainstream ?

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