Pourquoi n'y a-t-il aucun grand festival de rap en France ?

Alors que les grands noms du hip-hop francophone trustent les programmations des festivals français, la question mérite d’être posée.

Mélange des cultures. À l’approche du printemps, les différents festivals français ont tous commencé à teaser la programmation de leur prochaine édition. À chaque fois, le même constat : de Garorock annonçant les concerts de Damso et Orelsan, les Eurockéennes se réjouissant d’accueillir Macklemore ou Rick Ross, et Rock En Seine de faire venir en tête d’affiche PNL, nombre de festivals dits « rock » semblent avoir pris le pouls des tendances actuelles, et donc posé plus clairement un pied dans le hip-hop. On ne s’en plaindra pas, bien évidemment, même si cette démarche pose une question. Fondamentale, la question : pourquoi la France n’a-t-elle jamais compté un seul festival estival dédié au hip-hop ?

Un manque de considération ? Car, si des évènements tels que Hip-Opsession à Nantes ou Festival Paris Hip-Hop permettent aux amateurs de célébrer leur culture pendant plusieurs jours à travers des concerts prestigieux, des conférences ou diverses tables rondes, il faut bien l’admettre : aucun de ces festivals (qualitatifs) ne parvient à atteindre la cote de popularité de festivals orientés rock ou électro, types Nuits Sonores, Panoramas ou La Route Du Rock. De là à dire que le rap manque encore de considération de la part des professionnels de la musique ?

Disons que la prise de conscience collective tarde à venir : là où Dour Festival accueillait l'année dernière le renouveau de la scène belge, en 2016, sur les presque 200 soirées proposées par trois salles de concerts françaises (La Lune des Pirates à Amiens, La Maroquinerie à Paris et Stereolux à Nantes), seule une petite quinzaine était réservée au hip-hop...

D’autres moyens d'expressions. On est en droit également de se demander si l'absence de festivals pleinement institutionnalisés et purement hip-hop est un réel problème à l'heure où les cultures ne cessent de s'entremêler entre elles et où les rappeurs ont, semble-t-il, l'intelligence de favoriser d'autres réseaux de diffusion. À l'image des chichas, dont le boss de Def Jam France, Benjamin Chulvanij, se réjouissait de l'existence dans une interview à Noisey : « La création en France de 900 chichas en quelques années a été une bénédiction pour nous. Tous nos artistes peuvent y jouer et des mecs comme Sch ou Alonzo y tournent tous les week-ends. »

Même schéma aux USA. On pourrait donc regretter l’absence d’évènements mastodontes dédiés à la culture hip-hop, mais on peut au contraire se réjouir en se disant que le genre est déjà bien représenté par différentes structures à travers la France et qu’il prend de plus en plus de place au sein des festivals populaires (Les Vieilles Charrues, Solidays,…). Un constat vérifiable également aux États-Unis où seul le Essence Music Festival à la Nouvelle-Orléans réussit le pari de réunir des milliers de spectateurs (presque 400 000 depuis 1994) autour d’artistes hip-hop/R'n'B.

Vous aimerez aussi

  • Qui sommes-nous

    Pour en savoir plus sur JACK
    VOIR LA PAGE
  • Newsletter

    Le meilleur de JACK dans votre boîte mail

  • Contact

    JACK aime les projets, idées, remarques, mais aussi les câlins
    CONTACTEZ-NOUS