Pourquoi l'Angleterre n'a jamais réussi à oublier la grande gueule Liam Gallagher ?

Malgré des albums qui tiennent plus du fan service que de l'audace, Liam Gallagher continue d’incarner un état d’esprit rock purement britannique grâce à sa morgue et sa dégaine de branleur. Quitte à tomber dans la caricature ? C'est une simple question, mais, spoiler alert, on n'en pense pas moins.

Made in England. Sur le papier, Liam Gallagher a tout du mec imbuvable, celui qui peste contre tout et tout le monde, qui profite de la moindre interview pour dégueuler sur son frère et qui mise avant tout sur son passé pour rester au centre de l'actualité. Pire, l’Anglais n’a même plus des chansons de la trempe de Wonderwall ou Champagne Supernova pour fédérer les foules, comme c'était le cas en 1996 où, en à peine deux concerts à Knebworth Park, Oasis réunissait plus de 250 000 personnes. Pourtant, Liam Gallagher, 46 berges au compteur, reste un artiste qui fascine, une figure qui ne peut laisser indifférent et qui est en quelque sorte, qu’on le veuille ou non, la dernière grande rock star que l’Angleterre ait produit.

Working class hero. On s’explique : contrairement à Alex Turner (exilé à Los Angeles), Pete Doherty (jamais réellement aussi fédérateur) ou Damon Albarn (trop occupé à expérimenter les sons du monde entier), Liam Gallagher est et reste un pur produit de la working class anglaise. Il est, pour paraphraser les paroles de Bring It On Down, ce paria qui vient des bas-fonds et qui s’en fiche, trop occupé à l’idée de cramer la vie par les deux bouts (« You're the outcast / You're the underclass / But you don't care, because you're living fast »).

Plus que n’importe qui d’autre, il est devenu, malgré lui, malgré les multiples embrouilles avec Noel, le porte-drapeau d’un refus du rang, du succès de la classe populaire, probablement la rockstar britannique la plus portée par sa morgue, sa déraison et sa fougue. Et c’est précisément ce qui fascine. Au point que, plus encore que sa musique, c’est bien son image qui constitue sa véritable œuvre d’art à l’heure actuelle.

Rock'n'roll star. Là, on voit déjà les langues se délier. Mais posons-nous les vraies questions : malgré quatre albums depuis la séparation d’Oasis en 2009 (deux avec Beady Eye, deux en solo), qui peut ici citer cinq morceaux mémorables de Liam Gallagher ? À contrario, combien de ses saillies avons-nous en tête au moment d’évoquer son cas ? Ça ne veut pas dire que tous ses disques post-2010 sont à jeter, « Why me ? Why not », son nouveau long-format, a même le droit à ses quelques moments de fulgurances.

Simplement, il faut admettre que Liam Gallagher est plus que jamais devenu un showman, un gars qui parvient à échapper au pittoresque en faisant croire à quiconque qu’il avance avec radicalité, sans retenue et sans prudence. Et ça, ça plaît aux Britanniques, toujours à la recherche de fortes têtes capables de postilloner une musique belliqueuse, à faire la nique à la pensée unique, et donc à faire passer tous ces nouveaux-phénomènes-du-rock-anglais pour des boys bands gentillets.

« Why me ? Why not », le deuxième album solo de Liam Gallagher, paraîtra le 20 septembre chez Warner.

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