Pour fêter son deuxième album, Michelle Blades nous a parlé de sa vie à Mexico

Bassiste de Fishbach, copine de Cléa Vincent, Michelle Blades est devenue l'une des figures imprévisibles de la pop française. On a donc profité de la sortie de son deuxième album, « Visitor », pour parler de Mexico, où elle vit une bonne partie de l’année.

En pleine découverte. « Lorsque je suis arrivée pour la première fois à Mexico en 2014, cette ville a tout de suite résonné en moi. Sans doute parce que ma mère est mexicaine, mais aussi parce que, à Miami, où j’ai longtemps vécu, je sentais que j'avais besoin de découvrir enfin ce pays. J'avais l'impression de pouvoir y poursuivre ma quête d'identité... J’avais bien conscience que tout n’était pas parfait. Dans les rues ça sent aussi bien la javel et la merde que les fleurs et l'odeur de bouffe, mais c’est bien quand on apprécie autant les bons que les mauvais aspects de quelque chose que l’on peut dire que l’on en est amoureuse, non ? »

Melting-pot. « Ce que j’aime à Mexico, c’est que tout est en couleur, qu'il y a énormément de bruits et d’odeurs différentes. Ça respire la vie, finalement. D’ailleurs, c’est incroyable de voir à quel point les gens se mélangent là-bas. Des personnes de 60 ans peuvent jouer au foot avec des jeunes d’à peine 20 ans, et tout le monde trouve ça normal, tout le monde se respecte. Il suffit de faire un tour au parc Mexico pour s’en rendre compte : on y voit des gens qui dansent, d’autres qui font de petits spectacles, etc... Différentes générations s’y côtoient. C’est pour ça que je trouve que ce parc porte super bien son nom, dans le sens où il capte vraiment l’esprit de la ville, dynamique et conviviale. »

Vie d'artiste. « Le problème est qu’il est très difficile pour un artiste de vivre de sa musique là-bas. Il n’y a pas d’aides comme en France… Tous mes amis à Mexico sont étonnés quand je leur dis que je peux bénéficier de subventions ou de vans pour assurer mes tournées. Eux, ils sont obligés de jouer dans six ou sept groupes, de répéter tous les jours et de donner tout un tas de concerts pour espérer en vivre… Et puis il y a aussi le racisme, ces résidus de l’ère coloniale qui empêchent la scène musicale d’être réellement soudée. Aux dernières Victoires de la musique locales, par exemple, des artistes ont refusé de participer parce qu’une « putain d’Indienne », comme ils l'appelaient, avait également été nommée... »

Musique partout, justice nulle part. « Alors oui, bien sûr, il y a de la corruption notamment chez les flics. Mais bon, quand on sait qu’ils sont obligés de payer leur essence, leur tenue et leur arme, on se dit que ce manque de soutien et cette précarité encouragent cette corruption… Heureusement, comme je te le disais, il y a aussi les bons côtés. Comme le fait qu’il s’agit d’une ville très inspirante. Aussi bien dans le mode de vie que musicalement, dans le sens où il y a toujours de la musique là-bas, dans les bars, les restos ou les parcs.

Chaque vendeur, par exemple, a son propre son lorsqu’il débarque en ville, que ce soit l’aiguiseur de couteaux ou le marchand de patates douces. C’est très inspirant, et ça contribue à renforcer les liens entre la tradition et la modernité, un mariage très plaisant à Mexico. Et assez fascinant, je dois dire. »

Crédits photos : Andréa Villalon et Maria Ramirez.

À noter que Michelle Blades sera en concert à La Maroquinerie à Paris et au Printemps de Bourges les 16 et 18 avril.

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