Pond en interview : « Il faut arrêter de vouloir ressembler à Syd Barrett ou Kurt Cobain. »

Avec l’album "Tasmania" enregistré aux côtés de Kevin Parker (Tame Impala), le groupe australien n’a pas peur d’oser et mélange les genres de façon déconcertante. Jack a discuté avec le chanteur Nick Allbrook de la vie d’artiste et des clichés rock.

Parle-nous un peu de l’enregistrement de l’album ?

On l'a enregistré dans le studio de Kevin à Fremantle où on vit tous. On se levait le matin et on prenait nos vélos pour aller à la plage se baigner. Ensuite, on allait au studio, mais que durant la journée. On gardait la forme (même si on buvait quelques bières) et c’était très intime.

Par exemple, sur le morceau Sixteen Days, j'écoutais beaucoup Otis Redding quand je l'ai composé donc j'imaginais plus un morceau soul. Mais un jour, tout s’est enchaîné : une boucle a donné naissance au rythme, qui a donné naissance à la ligne de basse, puis à la mélodie et enfin aux accords. Ça a été un super moment créatif, un peu comme marcher à travers le brouillard et, pas après pas, apercevoir la lumière. 

Tu as toujours été confiant sur scène ? 

Je crois que j'ai toujours été assez confiant de manière générale, mais j'ai eu beaucoup de moments difficiles où j'étais très nerveux et apeuré à l'idée de monter sur scène. Je vomissais avant chaque concert et durant cette période, je me sentais vulnérable. Ceci étant dit, j'ai toujours été plus à l'aise sur scène qu'à un dîner entre amis par exemple. La scène est vraiment une forme viscérale d'expression, hyper immédiate.

Est-ce que tu réfléchis à comment les chansons vont « sonner » en concert quand vous les produisez ?

Avec The Boys Are Killing Me et Hand Mouth Dancer oui, je me suis dit que ces deux-là allaient être incroyables live. Quand tu crois qu'une chanson va être top en concert, tu te mets à avoir ce rêve d'adolescent où tu t'imagines sur scène en train de la jouer. Et ça, c'est un bon signe.

T'aimes bien les tournées ? 

J'aime mieux maintenant qu'avant. Je suis devenu plus mature, je prends mieux soin de moi et je me mets aussi moins de pression à avoir une attitude rock. Beaucoup de musiciens se donnent une image et se sentent dans l'obligation d'agir d'une certaine manière pour être à la hauteur d'une attente datée et dévastatrice qu'est le rock'n'roll. Ça peut être épuisant physiquement et mentalement, car parfois, tu ne peux pas être toi-même. Et ça, c'est dur. Les gens te regardent et tu te dis : « Il faut que je sois rock. » Alors que non. Ça a changé pour moi. Maintenant, je suis un mec de 30 ans qui aime bien s'étirer le matin et qui boit du thé. 

Il faut essayer de changer l’image du rock, c’est ça ?

Oui. C’est un sujet qui me tient à cœur et dont j'ai envie de parler. C'est illogique de promouvoir cette image rock. Et les gens finissent par en souffrir, voire à en mourir. Si quand tu es jeune, tu t'inspires des vies de Syd Barrett ou de Kurt Cobain par exemple, alors tu vas avoir tendance à suivre leur mauvais exemple.

Il y a plein d'autres artistes que l'on peut admirer comme Prince, André 3000, Frank Ocean ou encore Haruki Murakami qui partait courir tous les jours avant d'écrire des choses merveilleuses. J'ai cependant l'impression que les mentalités commencent à évoluer. On s’éloigne des clichés rock et c'est une bonne chose.

L'album de Pond « Tasmania » est sorti le 1er mars // Crédit Photo : Sean Carpenter.

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