Polo & Pan : « On est des héritiers du Baron »

Quelques heures avant leur passage sur la scène des Nuits de la Filature à Lille hier soir, Polo & Pan a pris le temps de revenir sur son parcours, mais aussi de nous parler de son premier album à paraître.

Est-ce que vous abordez de la même façon une date sur un festival comme Les Nuits de la Filature d’une soirée classique ?

Pan : Oui, dans le sens où on a pour habitude de ne pas préparer nos DJ Sets. On sait quelle couleur globale on a envie de donner à la soirée, mais on ne se l’établit pas point par point.

Polo : On est DJ depuis quinze ans, donc on a appris à s’adapter au public, au lieu et à l’heure à laquelle on joue. Ce soir, par exemple, on ouvre le festival à minuit, on a donc conscience de ne pas avoir à tout donner dès le début. Il faut en laisser pour les artistes suivants.

« On n’a pas à s’interdire de passer du Jacques Brel si on sent que ça peut coller à une ambiance. »

De par votre expérience, comment jugez-vous l’évolution de la culture club en France ?

Pan : On a tous les deux été DJ’s résidents au Baron, et ce n’était pas vraiment référencé club. Le Baron, c’était une référence de la fête, pas du clubbing. Le musicien n’était pas nécessairement au centre de la soirée, ce qui comptait, c’était les coulisses, l’ambiance, l’état d’esprit.

Polo : Tout n’était pas basé sur la technique là-bas, tu pouvais vraiment écouter de tout, des Rolling Stones à des groupes méconnus ou mal produits. C’était pointu sans vraiment l’être, et c’est une philosophie qu’on a gardée pour Polo & Pan : nous sommes des héritiers du Baron.

Pan : On est persuadé que tout morceau a sa place dans un DJ Set, à condition de savoir l’amener. Par exemple, on n’a pas à s’interdire de passer du Jacques Brel si on sent que ça peut coller à une ambiance.

Quel souvenir vous gardez de ces années au Baron ?

Pan : Une philosophie, dans le sens où il ne fallait pas impressionner la galerie, juste s’amuser. Même Mick Jagger n’était pas traité comme un client à part, l’idée était de rester simple et sincère. Par exemple, je me souviens d’une soirée où l’ambiance était différente : le public se regardait, cherchait à se montrer, ce qui ne collait pas à l’esprit du Baron. Le patron a fini par venir me voir et m’a demandé de passer les sons les plus obscurs possibles pour faire partir ces gens. Il s’en foutait de perdre de l’argent, il voulait simplement que la soirée corresponde à sa philosophie. J’ai trouvé ça magnifique : ça reste d’ailleurs la seule fois où un patron m’a demandé de vider son club.

De votre côté, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous réorienter vers un son plus pop ?

Pan : On répond juste à nos fantasmes. Là, par exemple, on vient de collaborer avec Jacques, et on ne peut pas dire que ce soit très pop…

Polo : Nos titres nous ont permis de nous faire connaître, donc beaucoup pensent que Polo & Pan est uniquement pop. Mais il est possible de trouver des tas d’autres sonorités dans nos morceaux : de l’électro, de la world, des musiques de cinéma…

C’est ce qui vous a donné envie de chanter en français ? Ou c‘est juste pour coller au renouveau de la pop française ?

Polo : On aime tous les deux écrire en français et on n’a pas envie d’écrire des textes tout pétés en anglais juste pour que ça sonne plus évident ou autre.

Pan : C’est notre langue maternelle, même si Polo est franco-américain, et ça nous paraît plus naturel de procéder ainsi. Alors, peut-être qu’on est influencé par l’ère du temps… mais quand j’ai commencé à écrire en français, j’avais simplement envie de me prouver que le français pouvait être mélodieux et pop.

Polo : De toute façon, on ne s’interdit rien. Dorothy, par exemple, c’est un hommage au Magicien d’Oz et ça paraissait plus naturel de le chanter en anglais.

Justement, est-ce qu’il y a un avant et un après Dorothy dans votre carrière, sachant que le morceau a illustré une pub Apple ?

Pan : On continue de nous parler de ce morceau, donc c’est qu’il a marqué, mais je pense que l’on a réussi à drainer d’autres personnes, de styles sans doute différents, avec Canopée ou Plage Isolée. On a la chance de plaire à des personnes issues d’univers très variés, et ça nous plait dans le sens où on ne cherche pas à coller à une scène ou à une communauté.

Polo : Par contre, on fait très attention à l’avis des gens, on aime bien savoir ce que les gens pensent de notre musique.

Je sais que vous préparez votre premier album. À quoi on peut s’attendre ?

Polo : Il va s’appeler « Caravelle » et devrait sortir courant mai. Ça sera l’aboutissement d’une longue réflexion. On a quand même bossé sur certains titres pendant plus de deux ans.

Pan : Au niveau des sonorités, ce sera à l’image de Polo & Pan : un voyage, quelque chose que l’on a déjà développé sur Canopée ou Plage Isolée. Ce titre, on l’avait composé au lendemain des attentats dans l’idée de s’évader et de rêver un peu. « Caravelle » a été écrit un peu dans le même esprit.

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