Plus rien n'arrête Loyle Carner, le rappeur égérie d'Yves Saint-Laurent

Loyle Carner ne fait pas qu’affoler la mode en cette période de Fashion Week. Depuis quelques mois, c’est bien le hip-hop que l’Anglais sublime avec des morceaux qui exposent ses douleurs et blessures profondes.

Rappeur de proximité. « Certaines personnes ont des préjugés quant aux sujets traités dans le hip-hop. Souvent, ils pensent que ça ne parle que de femmes, de drogue, de flingues et de bijoux […]. Donc quand ils écoutent ma musique, qui ne parle de rien de tout ça, ils se disent : « Ah, peut-être que le hip-hop, ce n’est pas ça. Ou pas que ça.“ » Au sein du premier épisode de Bonus Track, Loyle Carner se veut particulièrement clair : l’Anglais n’est pas un rappeur comme les autres. Lui doit son pseudonyme à sa mère, emmène un maillot de Cantona de l’équipe de Manchester United à chacun de ses concerts en mémoire de son beau-père (un comble pour un fan de Liverpool !), pose avec sa famille sur la pochette de son premier album (« Yesterday’s Gone ») et souffre de dyslexie, d’hyperactivité et de trouble de l’attention (TDAH).

Fils à maman. Toujours plus loin dans la catharsis, qu’il explore sur des beats qui doivent plus volontiers à la scène new-yorkaise (A Tribe Called Quest, Slum Village) et au jazz qu’au grime, Loyle Carner n’hésite pas à mettre en scène son spleen, comme sur BFG, où il chante : « Everybody says I’m fuckin’ sad / Of course I’m fuckin’ sad, I miss my fuckin’ dad. » Décomplexé par une scène hip-hop qui ose plus que jamais exposer ses plaies, il n’hésite également pas à publier un morceau interprété par sa mère et feu son beau-père (Yesterday’s Gone), ni à déclarer son amour envers celle qui l’a mis au monde : « Moi et ma mère, rien ne peut s’interposer entre nous / Appelez-moi le fils de Jean. »

Around The Carner. Ne croyez pas pour autant que Loyle Carner n’est qu’un rappeur gentillet débarqué de nulle part. Après un passage éclair à la célèbre Brit School (où Amy Winehouse, King Krule et Adele ont également trainé leurs cartables), le Londonien crée le buzz en 2015 avec une cover de Kanye West (Heard ‘Em Say) sur le plateau de BBC Radio 1, cumule les vues sur YouTube avec ses premiers morceaux et rencontre le succès avec la sortie de « Yesterday’s Gone », produit par Kwes. Salué comme « une vraie tuerie » par le NME, ce premier effort lui permet alors d’assurer les premières parties des grands du hip-hop : Nas, Joey Badass ou encore Kate Tempest.

Bref, le mec a la cote. Et le style, à en croire les responsables d’Yves Saint-Laurent, dont il est l’un des trois ambassadeurs du dernier parfum de la marque depuis fin août. L’occasion pour les mauvaises langues de pointer du doigt un artiste déjà récupéré par l’industrie du spectacle ? L’occasion, surtout, pour Loyle Carner de prouver que l’on peut investir ce genre de milieu avec talent, grâce à des morceaux qui préfèrent la beauté au botox.

Les autres épisodes de Bonus Track consacrés à Loyle Carner sont à découvrir sur le site de la plateforme, mais aussi sur Facebook et Twitter.

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