Petit Biscuit : la grande interview

Interviewer Petit Biscuit, dont le premier album « Presence » vient de sortir, c’est comprendre comment un gamin de 18 ans a réussi à capitaliser le succès de « Sunset Lover » et à affiner son univers sans se renier.

« Presence » sort le jour de tes 18 ans. Tu as prévu quoi pour fêter ces deux évènements ?

On va faire une grosse darass histoire de célébrer ce double événement comme il faut ! Ce qui est marrant, c’est que je ne pensais pas le publier ce jour-là à la base. La date était un peu trop proche, mais j’ai fini par mettre les bouchées doubles et par enchainer les nuits blanches pour tenir les délais. Après tout, ça faisait sens : « Presence », c’est le projet où je m’émancipe de Sunset Lover, où j’entre dans l’âge adulte.

Sunset Lover, ton tube, est toutefois présent sur le disque. C’était impensable pour toi de ne pas mettre ce titre, que tout le monde connaît depuis deux ans ?

C’est le seul titre de l’album qui existait déjà. Et, oui, c’était important pour moi de l’inclure, dans le sens où j’aime quand les artistes placent un de leurs tubes dans leur disque. Personnellement, ça me permet de me raccrocher au reste de l’album, de me perdre plus facilement dans ce qu’il a pu tenter à côté de ça. Le rôle de Sunset Lover sur « Presence », c’est clairement d’accrocher l’auditeur. Surtout qu’il est placé en fin d’album, juste avant Forever Being et The End, un titre nettement plus trap.

L’album, tu l’as produit comment ?

Quand on commence à avoir les moyens, on peut se permettre d’acheter les guitares, les synthés ou les amplis qui font envie. Du coup, je me suis fait plaisir. Bon, j’ai continué à utiliser mon ordinateur, c’est la culture d’où je viens après tout, mais je me suis éclaté à tenter d’autres choses. Sur Problems, par exemple, il y a un vrai son de batterie au moment du break, ça donne un groove un peu particulier au morceau.

À l’époque, tu enregistrais la voix de tes amis. C’est toujours le cas ?

Disons que j’avais deux-trois potes qui chantaient bien et que c’était plus pratique de travailler avec eux plutôt qu’avec des Américains qui allaient me demander des petits chèques. Sunset Lover, par exemple, c’est la voix d’une pote, et c’est ce qui rend le titre authentique selon moi. Là, pour « Presence », je me suis longtemps posé la question concernant les collaborations de Møme, d’Isaac Delusion ou de Lido. Mais ça a été à chaque fois de vraies rencontres et ça m’a encouragé à y aller à fond. D’autant qu’ils ont tous un timbre de voix unique, impossible à situer.

« Petit Biscuit c’est avant tout un journal intime. »

Plusieurs titres de ton album suggèrent l’idée de voyage. C’est une notion importante pour toi ?

C’est la source de mon projet, Petit Biscuit, c’est avant tout un journal intime où je raconte mes différentes expériences. J’adore voyager et je voyage beaucoup plus qu’avant grâce à ma musique. Forcément, ça se retrouve dans mes morceaux, consciemment ou non. Après, il faut aussi dire que c’est un thème très artistique. Pas mal de peintres ou de photographes s’en inspirent également depuis des décennies, si ce n’est plus.

Tu as beaucoup tourné aux États-Unis ces derniers temps. Ça ne te saoule pas trop de revenir jouer en France ?

C’était forcément cool de faire de grosses dates en Amérique, mais c’est encore en France que je joue dans les plus grosses salles. C’est mon pays, mon public de cœur, je sais comment les gens réagissent ici. Aux États-Unis, il y a forcément plus d’appréhension, plus de pression également. Mais bon, c’est un bonheur énorme : à l’étranger, je me balade 24h/24 avec mon appareil photo, je suis dans un autre monde, sans aucune notion de routine.

Ces derniers mois, tu as obtenu ton bac S. Tu te vois continuer les études ou la vie de rock star qui te tend les bras te tente davantage ?

Le terme « rock star » me fait flipper à vrai dire. Mais c’est clair que j’ai une vie bien différente désormais. J’ai toujours été dans la sécurité, dans le compromis. Maintenant que je vis mon rêve, que j’ai beaucoup travaillé pour y arriver, j’ai forcément envie d’y aller à fond. Même si, encore une fois, ça demande parfois beaucoup de sacrifice. On ne prépare pas un Zénith en deux jours, par exemple.

Maintenant que ton premier album est dans les bacs, on peut s’attendre à ce que les sorties s’accélèrent pour toi ?

Oui, je pense. Ça m’a fait chier de ne pas sortir les tracks une par une, mais je suis content d’avoir cet album qui va me permettre désormais d’avancer différemment. Cela dit, je veux continuer à balancer des projets quand ça me chante. Je le faisais quand il n’y avait que 300 personnes qui me suivaient sur YouTube, il n’y a aucune raison pour que je ne continue pas à le faire aujourd’hui.

« Presence », le premier album de Petit Biscuit, est à découvrir ci-dessous.

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