Perez n'a pas fini de mettre la fièvre à la pop française

Enregistrés aux côtés du producteur Strip Steve, les douze morceaux du deuxième album de Perez (« Cavernes ») confirment une chose : ni totalement pop, ni franchement techno, le Bordelais occupe tout simplement une place à part en France.

Fièvre rock. Fin des années 2000 : à l’exception de quelques médias spécialisés, on ne le remarque même pas au milieu de la cohorte de nouvelles formations électroniques – Justice, en tête. Il n’est qu’un chanteur de plus, influencé lui aussi par David Lynch et fasciné par ces chanteurs qui aiment le noir et les nuits blanches. Ceux qui restent à l’ombre.  Il ne se fait pas encore appeler Perez (à l’époque, le Bordelais évolue au sein d’Adam Kesher), mais cet ancien programmateur d’une salle de concert a de sacrés arguments à faire valoir. La formule ? Des guitares nerveuses, des synthés hérités de la new wave, un rythme frénétique et un chant qui doit autant à Ian Curtis qu’à Robert Smith. Sur le modèle de The Rapture ou de Chk Chk Chk ? Au sein d’Adam Kesher, peut-être. En solo, beaucoup moins.

La vie nouvelle. Depuis 2014, le temps d’un premier album éponyme, Perez s’est en effet réinventé. En adaptant ses textes à la langue française, déjà, mais aussi en optant pour un son désormais plus clairement électronique, qui lui permet de croquer dans le même gâteau que Lescop, Mustang ou La Femme. Et ce ne sont pas les louanges d’Etienne Daho (qui l’a photographié et fait jouer en première partie de ses concerts) à son égard qui vont faire baisser sa cote : Perez est un musicien sur lequel il faut compter, proche de l’art contemporain (cf. sa collaboration avec l’artiste-vidéaste Ange Leccia) et qui ne manque pas d’ambition.

Résurrection techno. Ça se vérifie à l’écoute de « Cavernes », son deuxième album solo, le premier en indépendant, où Perez s’autorise à chanter les mots les plus noirs (de ceux qu’auraient pu tenir Daniel Darc ou Alain Bashung) sur des mélodies qui doivent plus à une scène techno portée sur la débauche (celle du label Kompakt, par exemple)  qu’à n’importe quel autre artiste estampillé « pop française ».

Sur « Cavernes », le Bordelais se paye même le luxe d’aligner quelques tubes potentiels (Niki, Le dernier tube de l’été) et une merveille de bijouterie pop, Cerveau. Ce n’est jamais proprement festif – ici, on danse avant tout pour noyer son spleen -, mais c’est justement cet équilibre, à la fois poétique et mélancolique, qui donne toute la mesure du talent de Perez et de cet album à l’architecture sonore unique en France.

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