En vrai, que valent les disques de Will Smith ?

Officiel : l'acteur-rappeur pourrait bien interpréter Barack Obama dans un biopic. Mais Will Smith a-t-il plus sa place dans un costard présidentiel que dans des Timberland ?

Will Smith Président ?J’en ai déjà parlé à Barack Obama. Il m’a dit que j’avais les bonnes oreilles pour le rôle, ah ah.” C’est en ces mots que Will Smith faisait un peu de teasing à l’occasion d’un récent passage sur la banquette du Carpool Karaoke de James Corden. Il faut dire qu’on ne s’attendait plus vraiment à ce que le Hitch repasse derrière le micro. Pourquoi ? Parce que, depuis 2005, l’année de son dernier album et de son single Switch, Monsieur Smith n’a pas lâché un morceau. Enfin, si, mais laissons entre parenthèses son feat de 2015 avec Bomba Estéreo SVP.

Des hits. C’est pourtant une double-carrière d’acteur et de rappeur qu’avait commencé, en pointillés, le Will Smith des nineties. Il a déjà son duo avec le DJ Jazzy Jeff quand il signe pour Le Prince de Bel-Air en 1990. Ensemble, les deux vont mitonner cinq albums studio entre 1987 et 1993, dont pas mal de pistes pour la bande originale de la série.

En 1991, c’est le gros hit avec Summertime, composé à partir de samples du Summer Madness de Kool and The Gang (on entend les synthés étirés sur trois kilomètres) mais aussi de James Brown et de Dave Grusin. Du sampling massif de tubes funk et un flow aussi rapide que printanier : telle est la recette du duo DJ Jazzy Jeff and The Fresh Prince, dont l’extra-tube Parents Just Don’t Understand, bien que gentillet à l’époque de N.W.A et de Public Enemy, permet au duo de remporter plusieurs Grammy Awards. Il est temps pour Will d’entamer une carrière solo. Et elle s’annonce maousse.

Des gros hits. Les quatre albums qui constituent la carrière solo de Smith répètent plus ou moins la recette de départ : variations sur des standards de black music des années 70 et 80 et bandes originales de blockbusters. Ainsi quand le premier volume de Men In Black sort en salle, Columbia a la bonne idée de publier le premier album de Will avec le tube du même nom – en réalité, une reprise du Forget Me Nots de Patrice Rushen. L’album, « Big Willie Style », reprend aussi The Whispers (sur Miami), Earth Wind & Fire et invite Cameo sur un titre.

Deux ans plus tard, le rappeur revient avec « Willenium » et son morceau phare Wild Wild West, sur un sample copié-collé de Stevie Wonder qui permet alors à Will d’embrasser toutes les générations. Ses deux premiers solo sont des succès tous publics, réalisant le joli score de 12 millions de ventes. La musique, quant à elle, du rap à papa, n’a rien de honteux. Mais rien d’original.

Des flops. Les deux albums suivants se cassent la gueule. Comme un présage, Will les nomme « Born to Reign » et « Lost and Found », dans cet ordre. En 2002-2005, la crise du disque a déjà ratiboisé le marché et l’Américain revient, émancipé de ses pastiches funky. Si bien qu’on peine à déceler les références derrière les tubes – quand ils existent. À titre d’exemple, le site Who Sampled nous dit qu’il y aurait du Kraftwerk dans Act Like You Know… indécelable. DJ Jazzy Jeff et The Freshmen viennent bien produire quelques morceaux sur son dernier disque, mais on ne retrouve plus cette touche Smith qui semblait rendre les tubes faciles. Pour autant, les mandats « Men In Black » sont renouvelés et l’acteur est élu en 2009 « acteur le plus rentable » par GQ. Si tu hésites encore dans ton choix de carrière pour casser la Barack, Will…

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