Officiel : le rap est désormais interdit à la télé chinoise

Sale temps pour les rappeurs chinois actuellement : sanctionnés, bannis des grands médias et contraints de faire des excuses publiques. Bienvenue au 21ème siècle.

Victoire mondiale ? Quand on regarde les chiffres (de ventes, de streams, de vues) du hip-hop, on a tendance à penser naïvement que ce genre musical a gagné la bataille, qu’il est désormais pleinement accepté pour ce qu’il est. Et ce, partout dans le monde. Faux ! Si, en France, on ne compte plus le nombre de fois où tout bon amateur de rap se doit de monter au créneau pour défendre ses goûts face aux multiples stéréotypes toujours en place (au hasard, « le rap c’était mieux » ou « est-ce vraiment de la poésie ? »), il y a encore pire. On peut penser à l’Iran, où le gouvernement a tout simplement interdit la plupart des concerts hip-hop, mais c’est bien la Chine qui fait parler d’elle ces derniers jours.

Explicit content. En réalité, la polémique aurait démarré suite à une performance controversée de PG One et GAI, deux MC’s ultra-populaires révélés par l’émission Rap Of China. En cause ? Leurs textes, leurs looks et leurs tatouages, en tous points opposés à l’idéal politique mis en place par le gouvernement chinois. Lequel, toujours dans la demi-mesure, a donc décidé de les bannir aux heures de grande écoute, obligeant même PG One à s’excuser publiquement pour ses « paroles obscènes ».

« Le hip-hop et tout ce qui en découle amène à la dissidence et la décadence des jeunes. » (le CSA chinois)

Logique quand on sait que, selon l’Administration générale de la presse, de l’édition, de la radiodiffusion, du cinéma et de la télévision (SAPPRFT), « le hip-hop et tout ce qui en découle amène à la dissidence et la décadence des jeunes »

Dans un souci de cohérence, cet organisme très proche du pouvoir en place vient également de définir quatre règles à suivre par les médias :

– Il est absolument interdit d’employer des acteurs dont le cœur et la moralité ne sont pas alignés avec ceux du parti (le parti communiste [NDLR]), et dont la moralité n’est pas noble.

– Il est absolument interdit d’inviter des acteurs de mauvais goût, vulgaires et obscènes.

– Il est absolument interdit d’inviter des acteurs dont le niveau idéologique est faible et qui n’ont pas de classe.

– Il est absolument interdit d’employer des acteurs à la réputation entachée par des scandales et dont l’intégrité morale pose question.

Fight the power. La censure ne s’arrête donc pas à PG One et Gai. Ces derniers jours, ce sont bien toutes les chaînes du pays qui font face à ces nouvelles mesures réactionnaires, les contraignant à ne plus programmer de personnes vulgaires ou à la moralité supposée douteuse. Alors, forcément, la résistance s’organise sur les réseaux sociaux, notamment sur Weibo, le Twitter local.

« La décision de la SARPPFT est tellement ignoble ! Ils veulent empêcher le hip-hop chinois de se développer en ne lui laissant aucune chance de survie ! On se croirait revenu dans les temps anciens », s’offusque un des internautes. « Le hip-hop vient d’émerger et maintenant le voilà brutalement interdit. N’est-ce pas de la régression culturelle ? », se questionne un autre. Il faudra certainement bien plus que des posts scandalisés pour changer les choses, mais c’est déjà un début.

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