Le gouvernement veut baisser le son en concert (et ça fait du bruit)

Une nouvelle loi visant à « protéger l’audition du public » obligera désormais les clubs, salles de concerts et festivals à réduire de trois décibels leur niveau sonore (de 105 à 102 dB), ce qui équivaut à diviser l’intensité sonore par deux. Tommy Vaudecrane, président de l'association Technopol, qui défend la culture électro, revient avec Jack sur les conséquences cette nouvelle réglementation.

Tommy, que pensez-vous de cette nouvelle loi ?

On n’est pas forcément hyper ravis. D’une part, ça concerne les lieux à grande capacité ainsi que les gros festivals, qui sont ceux qui investissent beaucoup de moyens pour justement contrôler le volume sonore afin qu’il soit conforme à la réglementation déjà existante et déjà très contraignante. Ensuite, il faut savoir que pour nous, la baisse à 102 décibels est énorme, au niveau du ressenti, ça correspond à diviser l’intensité sonore par deux !

« A 102 décibels, on va sentir la différence lors des gros évènements. »

La musique électro risque d’être fortement impactée…

C’est une catastrophe, puisque la musique électronique se base sur les basses. À 102 décibels, il y a une perte énorme au niveau du ressenti physique du son. On peut dire que ça gâche la meilleure partie de la musique électronique et ce que les gens apprécient le plus, c’est-à-dire le ressenti des basses. C’est certain qu’à 102 décibels, on va sentir la différence lors des gros évènements.

Le monde de l’électro est inquiet ?

Oui, on est inquiet. Prenez l’exemple de la péniche Concrète, ils sont touchés de plein fouet par cette nouvelle réglementation [ces obligations d’affichage et d’enregistrement s’appliquent à toutes les discothèques et tous les festivals, ainsi qu’aux autres lieux diffusant de la musique amplifiée « à titre habituel » et dont la capacité d’accueil est supérieure à 300 personnes, ndlr] car cet endroit a basé toute sa communication et son marketing autour d’un son de qualité, qui implique une aménagement bien spécifique de la salle. Donc, maintenant, il y a deux choix : soit on coupe tout, soit on reconfigure l’agencement et l’installation sonore, et ça coûte énormément d’argent.

« Si une personne subit une perte d’audition dans votre club ou durant votre festival à cause du son, vous êtes responsable. »

Est-ce que vous pensez que la loi va être respectée ?

Je pense que beaucoup vont la respecter, oui. Le problème est ailleurs, car les amendes ne sont pas très élevées. Il s’agit de santé publique, car si une personne subit une perte d’audition dans votre club ou durant votre festival à cause du son, vous êtes responsable. C’est normal de vouloir protéger le public et préserver l’audition, mais, en même temps, on laisse les gens porter des casques dans les oreilles à longueur de journée. Ce n’est pas parce qu’on baisse de trois décibels que l’on va mieux préserver l’audition du public.

À votre avis, il risque d’y avoir des grosses répercussions ?

C’est difficile d’anticiper pour le moment, car on n’est pas encore figé et il risque d’y avoir quelques changements d’ici à ce que la loi entre en vigueur. On pourrait assister à un désaveu de la part du public, à moins d’envie d’aller en club, etc. Il y aura forcément un impact, d’une manière ou d’une autre.

En savoir plus sur l’association Technopol.
Pour lire le texte de loi intégral, c’est par ici

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