Le nouvel album des Shins expliqué par James Mercer

Le chanteur des Shins s'est confié à notre micro pour raconter les coulisses du dernier album des Shins, "Heartworms". Au menu : Coachella, bambins, délires musicaux et photographiques.

La sortie du nouvel album des Shins a été reportée par votre label, dans le but de le sortir au bon moment avec l’espoir de jouer à Coachella. Mais finalement, le groupe n’est pas sur l’affiche. Comment tu as réagi ?

James : J’étais dépité. Mais tu sais, Coachella a bien changé… J’aurais jamais pensé un jour que la tête d’affiche serait Beyoncé. Il y a un groupe, The Head and the Heart, qui est un groupe plutôt réputé dans le milieu indie, mais ils sont programmés à 11 heures du matin. Ca reflète le truc. Pour je ne sais pas quelle raison, Coachella est devenu un truc immense, au même niveau que Glastonbury. On n’a joué qu’une seule fois là-bas, il y a 5 ans, et c’était la dernière. Ça nous a demandé énormément de travail d’organiser notre venue là-bas et je suis sûr que le gars derrière le festival n’a jamais aimé les Shins, au fond de lui. C’est une grosse machine maintenant. Mais il vient de créer un nouveau festival, le Arroyo Seco Weekend, beaucoup plus indie et où on est programmé.

Le précédent album du groupe est sorti il y a 5 ans, et celui d’avant encore 5 ans avant. C’est un calcul prémédité ?

James : Dur à croire, mais rien n’est calculé, je crois. Je voulais simplement prendre le temps de produire et d’enregistrer ce nouvel album, et je savais que ça allait prendre du temps. J’avais besoin de me préparer au studio, et d’apprendre comment me servir du matos. J’ai du lire le manuel de chaque équipement, ça a dû me prendre un mois, facile. Et j’étais sur plein d’autres projets aussi. À côté de l’album, j’ai développé une application mobile où tu peux faire des collages photos en coupant les visages. Ça s’appelle Pasted et ça m’a pris pas mal de temps. Et j’ai eu un enfant aussi, je te laisse imaginer que ça puisse me prendre du temps aussi ! D’où les 5 ans.

Tu joues avec de nouveaux musiciens sur cet album. Tu avais déjà collaboré avec eux auparavant ? Qui sont-ils ?

James : Je vais oublier des gens… Il y a Chris Funk, le guitariste des Decemberists. Richard Swift, qui est dans les Black Keys maintenant, Joe Plummer de Cold War Kids, Casey Foubert du groupe de Sufjan Stevens… Mais le line-up change souvent en fonction des disponibilités de chacun, et vu qu’on fait tous un peu tout et n’importe quoi ce n’est pas forcément évident.

Tu viens d’Albuquerque, c’est une bonne ville pour la musique ?

James : Ça se trouve entre Dallas et Los Angeles, dans le Nouveau-Mexique, donc pas mal de groupes qui tournent s’arrêtent par ici. Et c’est cool. Si tu tournes aux États-Unis, c’est un passage obligé, et il y a plein de groupes locaux prêts à faire des premières parties. La scène locale, c’est plutôt métal et punk chelou. On était un peu des marginaux dans notre genre quand on s’est lancé. On avait ouvert pour Guided By Voices, un groupe réputé de la scène indie pendant les années 90 et on a eu la chance que des gars du magazine Rolling Stone traînent dans les parages à ce moment-là et parlent du concert. À l’époque on était un duo, comme des White Stripes avant l’heure. Mais ne dis pas à Jack White que je t’ai dit ça, il va me botter le cul sinon !

Les Shins joueront au Trianon le mardi 28 mars. Unique date française.

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