Pourquoi il ne faut pas sous-estimer le premier album de Bowie ?

Le 1er juin 1967, dans l’ombre du Sergent Poivre des Beatles, David Bowie sortait son premier album. Longtemps négligé, ce disque éponyme mérite pourtant l’amour. Jack lui rend hommage.

Autant le dire direct : « David Bowie » paraît forcément mineur au sein d’une année 1967 sous haute influence psychédélique. Derrière le premier album des Pink Floyd, du Velvet Underground, l’extravagant « Between The Buttons » des Rolling Stones ou le mythique « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band » des Beatles, sorti le même jour, l’œuvre inaugurale de Bowie semble avoir un train de retard sur ces productions qui annoncent les grandes tendances de demain.

Reste que si ce disque ne pèse pas grand-chose au sein de l’histoire du rock, il serait inconvenant d’en minimiser son importance au sein de la carrière de l’Anglais. On est certes loin des innovations stylistiques entamées sur « The Man Who Sold The World » ou des recherches formelles propres à « Low », mais cet album éponyme affiche lui aussi sa volonté d’être en décalage avec l’époque, de s’approprier diverses influences pour mieux les transgresser et tenter de chambouler le paysage musical. David Bowie n’a alors que vingt ans, mais il semble déjà vouloir affirmer sa singularité.

Plutôt que le rock, ses riffs électriques et son atmosphère psychédélique, lui privilégie les orchestrations, les déluges de cordes et les références au music-hall. Ses influences de l’époque se nomment Bob Dylan, Herman’s Hermits, Anthony Newley ou encore Scott Walker, et cela s’entend. Même si Bowie en profite aussi pour étaler son goût de l’étrange, de la démesure et de la dramaturgie – une certaine idée de sa folie, en somme.

Prenons Little Bombardier en exemple : à priori, ce titre n’est rien d’autre qu’une ballade, mais la façon qu’à Bowie de chanter les tourments d’un ex-bombardier revenu de la guerre et chassé de sa propre ville pour cause de perversion en dit long sur la théâtralité du bonhomme, mais aussi sur un disque plus malsain et décalé que ses ornementations ne pourraient le laisser penser. David Bowie, lui-même, a beau renier l’existence de ce disque, allant même jusqu’à considérer « Space Oddity » (un temps nommé « David Bowie », d’ailleurs) comme son premier véritable album, il n’en reste pas moins celui par lequel ses multiples incarnations commencent à prendre forme.

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