Les 20 titres électro essentiels

À ceux qui ont toujours cru que House et Techno c’était un peu la même chose, la compilation "Musique Électronique : guide pour les débutants" propose aujourd’hui une petite séance de rattrapage en 20 morceaux. Instant tuto avec les témoignages de Bobmo, Golden Bug et quelques autres professeurs du BPM.

Le saviez-vous ? Les débuts de la musique électronique remontent à plus d’un siècle avant David Guetta. Dès le 19ème siècle, des ingénieurs comme Alexander Graham Bell (connu pour avoir inventé le téléphone) planchent sur des instruments électro-acoustiques. Il faudra néanmoins attendre les années 1950 pour voir se développer en Europe les premiers studios dédiés aux recherches sur cette musique du futur.

Explosion. Cinquante ans plus tard donc, au tournant des années 2000, la musique électronique est partout et les sous-genres tellement nombreux qu’un chien n’y retrouverait pas ses petits : house, techno, EDM, acid house, gabber, speedcore, electronica, new disco… Pas facile de démêler les fils de cette gigantesque machine. Pour aider les clubbers du monde entier à obtenir leur diplôme, plusieurs musiciens français (Canblaster, David Carretta, Étienne de Crécy, etc) se sont donc réunis, par style, sur la compilation « Musique Électronique : guide pour les débutants ».

L’occasion de demander à quelques-uns d’entre eux la genèse des morceaux et leurs techniques pour avoir des bonnes notes. En piste.

Bobmo – When I look (feat Shaun J. Wright)

« Pendant que je faisais mon premier album, j’avais cette démo dont les arpèges et les accords m’évoquaient Trax Records, Frankie Knuckles, DJ ESP, ce genre de Chicago house émo que j’adore. Je n’avais jamais fait de « track vocal » et cette démo était la bonne occasion de tester. J’ai direct pensé à Shaun J. Wright dont j’adorais la voix sur les tracks d’Hercules & Love Affair, son intonation dans les graves lui est propre et dénote bien des autres chanteurs catégorisés « dance music » je trouve. Pour l’aspect technique, j’ai très peu mis d’effets sur ses voix car il n’y en avait pas besoin et puis l’idée du track était de laisser ses voix bien brutes, d’évoquer ces vieux disques de house pas trop produits justement. Et puis de contre balancer aussi avec l’instru que j’avais quand même compressée et mixée dans l’air du temps. »

The Populists – Soft Power

1/ Laisser faire le contexte la plante de l’inspiration trouve dans un monde pourri un engrais très efficace.

2/ Penser la rythmique comme un élément vivant, privilégier le matériau malléable du synthétiseur (un Sequential Circuit Pro-One dans ce cas précis).

3/ Ajouter un élément aquatique un peu Drexciyen, en l’occurrence deux accords parallèles au Juno 60 pour contrebalancer la dureté de la ligne de basse.

4/ Les ingrédients peuvent varier, l’intention et le geste sûr sont les deux mamelles de la composition.

Saycet – 15

« La principale obsession pour moi, c’est la ritournelle ou le riff. 90% du temps je pars d’une phrase mélodique souvent écrite au Rhodes ou au piano, puis je mets ça en rythme et j’arrange ( j’emploie des sons de diverses natures autour de la phrase mélodique). Au fur et à mesure le track se construit progressivement et de manière continue, si bien que je ne sais pas comment il va finir. Je me laisse porter par les arrangements successifs qui donnent au final une première version du track. Puis vient le temps du repos (un mois, voire plus). Là, je repars de zéro mais cette fois-ci j’ai l’évolution en entier dans la tête, (je connais la fin) je change souvent tous les arrangements en gardant toute l’évolution mélodique que j’avais faite un mois auparavant. En ce sens le morceau 15 a longtemps été un track de quasi post rock dans sa forme avant d’être complètement réarrangé en electronica/idm au bout de plusieurs mutations. »

The Supermen Lovers – Walking on the moon

« À la base je voulais faire un véritable morceau de disco en m’inspirant du célèbre « Fly robin fly » de Silver convention. J’ai donc commencé par jouer et produire tous les instruments comme s’il s’agissait d’un morceau purement disco. Tout allait dans ce sens : le type de son utilisé, très analogique avec du moog/jupiter/rhodes ; la structure, couplet refrain avec un break solo, etc. ; des leads de chœurs vocaux très disco féminins. Puis une fois que le morceau était fini et sonnait 70’s disco j ai décidé de modifier la production et utiliser des sons plus numériques ainsi qu’une structure plus adéquate aux formats d’aujourd’hui. J’ai donc troqué la basse Moog contre une basse plus numérique. La batterie est devenue beaucoup électro et tous les traitements et mix ont été faits avec des plugs-in digitaux. Alors oui, le résultat est loin du morceau de Silver Convention, mais c’est souvent ainsi : on commence avec une idée bien déterminée en tête pour finir avec un track totalement original dont l’inspiration de base semble lointaine… »

Golden Bug – Krokodil

« Le titre Krokodil est issu d’un remix pour un groupe anglais et qui n’a jamais vu le jour. C’est un clin d’œil à cette drogue assez dingue (je vous laisse googliser) qui est une alternative bon marché à l’héroïne : quelque chose d’obscure, froid et hypnotique. En voyant un documentaire sur cette glauquerie j’ai essayé de mettre en musique l’effet physique et psychique de cette drogue en mélangeant des synthétiseurs obscurs avec une rythmique froide et hypnotique. Comme je n’avais rien gardé des pistes originales,  j’ai simplement faire disparaitre la voix du chanteur pour le convertir en un morceau instrumental original. »

« Musique électronique : Guide pour les débutants » vient de sortir et l’intégralité du cours s’écoute juste en dessous.

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