Steven Wilson, 49 ans, et toujours rockeur en quête de gloire

À presque 50 ans, l'ex leader de Porcupine Tree rêve encore de devenir une popstar. Objectif réussi avec son nouvel album solo "To The Bone" ? A priori oui. En tout cas l'Anglais a puisé dans le meilleurs des années 1980. Et il explique pourquoi.

« So » de Peter Gabriel, « Hounds of Love » de Kate Bush, « Seeds of Love » de Tears For Fears… Qu’est-ce que tu aimes à propos de ces albums ?

Ils sont à la fois très pop, dans le sens pop des Beatles, mais aussi sophistiqués et ambitieux. Les mélodies étaient simples, des refrains super entêtants, mais si tu écoutes bien, il y avait aussi des expérimentations technologiques, du sampling, etc. Pour moi, ce sont des années dorées pour la musique, puisqu’elles étaient à la fois très pop et expérimentales, progressives et ambitieuses. Je n’entends plus ce genre de musique aujourd’hui.

Pourquoi ?

Très peu d’albums aujourd’hui ont un côté à la fois mainstream et expérimental. Peut-être les Daft Punk. Je le regrette, mais il faut aller vers une musique assez simple et banale pour réussir. À l’ère de YouTube et des téléphones, notre capacité à se concentrer sur une chose s’est réduite. Ça devient dur de faire écouter ma musique aux gens assez longtemps pour qu’ils l’apprécient. Puis il ne faut pas oublier que nous vivons dans un monde rétro. Les jeunes ont un accès tellement grand au passé qu’ils en oublient le futur. D’où les tendances rétros en musique. Il y a toujours eu des références au passé, mais aussi des éléments futuristes. Et moi, je ne veux pas faire d’albums rétros.

« Le rock progressif est n’importe quelle musique qui essaie d’amener l’auditeur dans un voyage musical. »

Ça te manque les années où tu étais dans Porcupine Tree ?

Non, pas du tout ! Je ne veux pas rejouer dans un groupe, plus jamais. Je dois l’admettre, je ne suis pas un joueur d’équipe et je ne l’ai jamais été.

Des regrets ?

Dans un sens, je me sens un peu coupable. On a construit quelque chose, on était arrivés à un point où l’on pouvait devenir très célèbres et c’est à ce moment-là que je suis parti.

Le rock progressif en 2017, ça veut dire quoi ?

Les gens m’appellent « le roi du rock progressif », mais j’en sais rien. Ce n’est pas un terme que j’utilise pour parler de ma musique. Le rock progressif est n’importe quelle musique qui essaie d’amener l’auditeur dans un voyage musical.

J’aime beaucoup cette définition : amener l’auditeur dans un voyage musical…

On peut faire une analogie avec le cinéma ou la littérature, tu ne connais pas forcément l’histoire, ou comment elle va se dérouler. La musique pop est facile à prédire alors qu’avec le rock progressif, tu peux changer d’atmosphère et d’humeur, comme dans un film ou un roman. C’est presque unique, mais ça demande du temps d’écoute.

« Je dirais que ça sera un échec si je n’atteins pas un certain succès, ou si je n’arrive pas à toucher d’autres auditeurs. »

Est-ce qu’il y a des chansons qui font ça très bien en moins de trois minutes ?

Good Vibrations des Beach Boys dure dans les trois minutes et me semble être pas mal, A Day In A Life des Beatles est comme une petite symphonie. Mais plus tu fais court, plus c’est dur.

Qu’est-ce que tu espères avec cet album ?

Un énorme succès mainstream ! D’un côté, je ne rigole pas. Quand j’étais petit, je voulais être une popstar et une part de moi le veut toujours. Quand je l’écoute, je me dis qu’il est hyper accessible et facile à écouter. Puis j’écoute d’autres albums pop et je me dis qu’en fait, le mien reste assez avant-garde. Mais je dirais que ça sera un échec si je n’atteins pas un certain succès, ou si je n’arrive pas à toucher d’autres auditeurs. Je voudrais bien me faire une place dans l’histoire, ça serait le but ultime. J’aimerais qu’on en parle comme « Nevermind » de Nirvana ou « Hounds of Love » de Kate Bush. Même les albums de la division en dessous de ceux-là, ça m’irait très bien !

Steven Wilson « To The Bones » sortie le 18 août chez Caroline International // Quatre dates en France en février et mars 2018

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