Milan est-elle la nouvelle capitale du rap européen ?

Lorsque l’on parle de Milan, on pense surtout fashion week. Pourtant, une nouvelle génération veut placer la ville sur la carte du hip-hop mondial. Jack fait les présentations.

New School. Si les USA sont sur le trône de la planète rap, derrière, le combat fait rage. Les Anglais ont inventé le grime, tandis que la France, qu’on le veuille ou non, est passée à la trap. Dans cette histoire, l’Italie a toujours semblé distancée avec des MC’s qui ont longtemps eu du mal à se faire une place au soleil. Mais la jeune garde veut changer les choses. L’épicentre de ce renouveau est à chercher non pas à Rome mais dans le Piémont. Benvenuti a Milano.

Ghali, la star. À 24 ans, ce fils unique d’origine tunisienne a un parcours fulgurant. Bouleversé par 8 Mile, Ghali chope le virus du hip-hop à 11 ans et se met à écrire. Partout, tout le temps. Avec un goût de l’indépendance évident : depuis son expérience ratée chez Sony avec le groupe Troupe d’Elite, il se la joue solo et balance tout gratos sur Youtube. Pour un résultat impressionnant : chacune de ses vidéos comptabilise des dizaines de millions de vues grâce à une production bien léchée et des décors surprenants, comme lorsqu’il rappe en plein désert jordanien (Wily Wily) ou qu’il tchatche un éléphant dans la savane sur Happy Days.

Cette année est sorti son premier album intitulé… « Album » (on ne peut pas être bon partout, hein !) Résultat : triple disque de platine, des records de nombre d’écoutes en une journée sur Spotify et un statut de « poète majeur de la langue italienne », comme l’a récemment affirmé Roberto Saviano, le créateur de la série Gomorra, sur Facebook. Cerise sur le gâteau : Ghali est également apparu sur les radars français en mai dernier grâce à son feat avec Lacrim. Inarrêtable. Normal, son modèle est M.J, le « King of Pop ».

Sfera Ebbasta, le patron. Là, on tient le pionnier de la trap al dente, celui qui a remis les codes et l’imaginaire des banlieues au premier plan de la culture transalpine. Il boit du Sprite à la codéine, s’assoie sur une bagnole de police dans un clip et, surtout, ne perd pas une occasion de faire le « Ciny ». Par ce signe, un « C » avec la main, il fait une dédicace à Cinisello Balsamo, un quartier au Nord de Milan. Bref, Sfera Ebbasta représente l’homme du ghetto, authentique. Sans doute pour cette raison que SCH l’a choisi pour collaborer sur Cartine Cartier.

Charlie Charles, le maestro. Le beatmaker de 22 ans est l’homme derrière les tubes d’Ebbasta et Ghali. Il sait concocter des instrus pour la rue, proches du style du producteur d’Atlanta Metro Boomin, mais aussi ouvrir son univers à d’autres horizons. On pense même parfois à Fakear ou Superpoze. Une touche électro que l’on doit à son adolescence passée à headbanguer sur Boys Noize et ses compatriotes de Bloody Beetroots. Il est celui qui réunit la scène milanaise. La preuve sur Bimbi, où il rassemble Ghali, Sfera, les outsiders Izi, Rkomi, Tedua et pose une question : Milan va-t-il faire de l’ombre à Paris ? Ghali, Sfera Ebbasta et Charlie Charles sont en tout cas en train de propulser le rap italien dans le futur.

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