Malik Djoudi n’a pas fini d’offrir de « belles sueurs » à la pop française

Auteur d’un deuxième album qui invente une bien curieuse pop française, validée par Étienne Daho, Malik Djoudi s’impose depuis Poitiers comme l’un des meilleurs mélodistes de « nos belles régions de France », selon la terminologie chère à Jean-Pierre Pernaut.

Bande à part. Malik Djoudi n'est pas de ces artistes qui affolent les foules. Le Poitevin n'est ni le porte-parole éphémère d'une époque (type Fauve≠), ni une pop star hyper sollicitée et portée par un tube formidable (type Stromae). C'est un musicien discret qui, à 37 ans, mène tranquillement sa carrière sur le label Cinq7 (Dominique A, Bertrand Belin, Katerine) et publie des albums charmants parce qu’insaisissables. Le premier s’appelait « Un » et a été publié en 2017. Le second, bien plus ambitieux et up-tempo, se nomme « Tempéraments » et intervient après une longue tournée en première partie d’Étienne Daho.

Bien entouré. L’auteur de Week-end à Rome est d’ailleurs présent sur À tes côtés, un titre tout en délicatesse, au charme bienveillant. Le secret de cette production voluptueuse, Malik Djoudi la doit en partie à Philippe Zdar (au mixage du morceau) et à Ash Workman, collaborateur de Christine & The Queens, Metronomy et Baxter Dury, engagé à la production sur « Tempéraments ». Il la doit également à ses influences (Connan Mockasin, James Blake, etc.), artisans tranquilles et méticuleux d’une pop indifférente à la pesanteur et à la temporalité.

 

« « Selon moi, une chanson, c'est comme une peinture : chaque détail compte, précise-t-il dans le communiqué de presse. Je peux passer six mois pour trouver les trois mots qui manquent dans le texte d’une chanson. La musique, les paroles, les respirations et le placement des instruments sont tout aussi importants. » »

« Tempéraments » est donc de ces disques qui raccourcissent les temps de trajets entre la France et l'Angleterre, qui s'autorisent des ballades languides (Dis moi qu’t’y penses) comme des fulgurances électro-pop (Belles sueurs), qui épousent « la nuit pour aller plus haut » et balancent quelques confessions intimes : « J'ai peur du loup / Encore peur du vide / J'ai peur j'avoue / D'être un peu fragile. » Ça ne permettra sans doute pas à Malik Djoudi et sa voix androgyne d'aller tutoyer les succès de Stromae, Fauve≠ ou même François and The Atlas Mountains, dont il est proche, mais ce statut d'outsider talentueux de la pop en français lui va très bien.

Crédits photos : Marcel Hartmann.

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