Lucio Bukowski, stakhanoviste du rap français

Il « s’en contre-branle du rap », préfère écouter « Joy Division et Higelin », et balance en exclu sur Jack un nouveau single de treize minutes, « Stalker ». Définitivement, Lucio Bukowski est un rappeur à part.

MC, mais pas que. Lucio Bukowski pourrait passer inaperçu au milieu des mastodontes du rap français qui défoncent actuellement toutes les statistiques. Le Lyonnais est pourtant une figure respectée, un membre de L’Animalerie révélé à travers des freestyles partagés avec L’Entourage, un artiste capable d’enchainer les projets avec différents rappeurs (Grems, Dooz Kawa, JP Manova ou encore Nikkfurie de La Caution) et producteurs (Lionel Soulchildren, Kyo Itachi), un passionné de littérature à la tête d’une jeune maison d’édition (Les Gens du Blâme), un MC qui continue d’investir le champ hip-hop comme il y est apparu au début des années 2010 : en empruntant des chemins de traverse.

Contes lucides. Indépendant, Lucio Bukowski n’a jamais visé un hypothétique succès commercial, ni le dernier tube à la mode. Stalker en est un ultime témoignage : extrait de son dernier album (« Requiem/Nativité »), débarrassé de l’archaïque structure couplet-refrain, ce titre a toutes les chances de laisser les auditeurs face à leurs attentes quant à ce qu’est un single en 2017. Traduction : Stalker n’est rien d’autre qu’une longue complainte de treize minutes où Lucio Bukowski semble dresser le triste constat d’un monde devenu trop étroit pour contenir l’utopie.

Le tout, soutenu comme à son habitude par tout un tas d’envolées poétiques (« L’hystérie viendra gonfler les bourses des prophètes »), d’observations cruellement vraies (« Le seul Grec qu’ils connaissent fait des menus à 7,50 ») et de figures de styles finement humoristiques (« Plus de trous dans la planète que dans un festival bondage »).

Écrire pour exister. Le reste de l’album (le sixième en trois ans, tout de même) est de la même teneur : mis dans les meilleures conditions grâce aux beats d’Oster Lapwass (son compère au sein de L’Animalerie), Lucio Bukowski rappelle de bout en bout qu’il est de ces artistes qui pratiquent la musique comme un art de vivre, un exutoire à ses angoisses intimes, un espace d’expression où il peut donner un sens à sa vie quotidienne et dérouler ses références littéraires à l’aide d’un verbe lucide et percutant. Celui des poètes du bas-côté.

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