Lomepal va-t-il devenir le Eminem français ?

Plutôt que de continuer à se repasser en boucle son premier album "Flip", on a donné rendez-vous à Lomepal pour parler de sa collaboration avec Superpoze, de sa mélancolie et de sa passion pour le skate.

Tu es un rappeur blanc et personne ne t’a encore comparé à Eminem. Tu vois ça comme une victoire ?

Je pense que les gens ont compris que j’étais tellement influencé par Eminem que ça ne servait à rien d’en rajouter une couche. Le fait de sampler sa voix sur certains morceaux ou de faire référence à Stan, ça a dû me protéger.

Dans l’intro, tu dis que c’est dur d’avoir « le poids de 2Pac quand t’as le visage tout pâle ». Tu penses que ça reste compliqué pour un rappeur blanc aujourd’hui ?

À cause du racisme, j’ai clairement moins d’inconvénients dans la vie de tous les jours, mais il faut reconnaître que ce n’est pas un avantage d’être blanc dans le rap. Quand tu débarques, t’es moins pris au sérieux, un peu comme si tu avais moins connu la galère que des Rebeus ou des Blacks. Mais bon, les mentalités changent rapidement, il suffit de montrer que tu n’es pas là pour rigoler.

« Je ne m’attends pas à vivre aussi longtemps qu’un mec qui se couche tôt. »

Pourquoi « Flip » a mis autant de temps à sortir, c’est dû à des galères administratives ? 

Non, c’est juste que je voulais un album parfait et que ça a été long d’arriver à quelque chose dont je sois fier à 100%. Il y a eu plusieurs retouches, plusieurs ratages, mais j’ai fini par en voir le bout.

L’idée de travailler avec des mecs comme Superpoze et Stwo, elle est née comment ?

Stwo, ça fait déjà quatre projets qu’on bosse ensemble, donc c’était logique qu’il figure à nouveau sur le disque. Pour Superpoze, en revanche, c’est né tout bêtement : on a la même équipe de management, on est devenus potes et j’ai fini par lui demander de travailler à mes côtés. Il n’est crédité que sur Bé cane, mais c’est bien lui qui est à l’origine de pas mal de choses sur « Flip », lui qui a fait la co-instru de Yeux disent et qui a supervisé l’ensemble des morceaux.

Ton album est marqué par des phrases très mélancoliques, voire pessimistes, comme lorsque tu dis que tu n’atteindras probablement jamais les 70 ans. Qu’est-ce qui te faire dire ça ?

Je ne me plains pas, attention, c’est juste que j’ai souhaité faire de 70 un titre qui parle de ma génération et de notre mode de vie. Tout va très vite pour nous, on mange n’importe comment, on boit beaucoup d’alcool et on fait tellement de choses qui détruisent la santé qu’on va finir par le payer un jour. Personnellement, je ne m’attends pas à vivre aussi longtemps qu’un mec qui se couche tôt.

Que ce soit avec Akhenaton ou Caballero, tu as toujours réussi à avoir des featurings prestigieux. C’est quoi ton secret ?

Ce sont systématiquement des amis. Sur l’album, par exemple, il n’y a que Camélia Jordana que je ne connaissais pas à la base, même si j’ai fini par sympathiser avec elle depuis. Sinon, un mec comme Caballero, je le connais depuis au moins cinq ans. C’est un de mes meilleurs potes et on a une façon de rapper qui peut se rapprocher, donc on se file beaucoup de coups de main. Je lui ai présenté la scène française, il m’a présenté la scène belge.

Le succès d’un mec comme Nekfeu, c’est quelque chose qui te tente ou ça te semble être une exposition trop forte ?

C’est vrai que c’est assez extrême de son côté… Moi, je veux juste de quoi vivre plus sereinement, de quoi quitter cette phase où tout peut basculer, en bien ou en mal. Si je peux avoir une fan base solide qui me permet de remplir toutes mes dates, je m’en contenterais. La célébrité ne m’intéresse pas. Nekfeu non plus d’ailleurs. Comme moi, il souhaite juste faire de la musique et se faire plaisir avec.

Il paraît que tu as également une grosse culture skate…

C’est bien simple : je ne me rappelle pas ne pas avoir skaté un jour pendant dix ans. J’en faisais même parfois à 7 heures du matin avant d’aller à l’école… Du coup, il y a très peu de spots que je ne connais pas à Paris ou même à l’étranger. Je suis allé au moins douze fois à Barcelone, par exemple. À l’époque, ce n’était pourtant pas aussi démocratisé qu’aujourd’hui. Il y avait un vrai enjeu, on se faisait virer de partout.

Tu aurais aimé être skateur pro si tu n’avais pas été rappeur ?

Je ne pense pas. Ce sont des vies trop différentes. Le skate exige un train de vie particulier, avec beaucoup de temps, d’énergie et de risques. Skater, c’est quand même accepter de se casser la gueule, de se lancer dans une figure compliquée en assumant une possible blessure de plusieurs mois. Là, je me mets nettement moins en danger, même si un rappeur prend toujours le risque d’être blessé quand il balance un morceau, que ce soit par les réactions du public ou des journalistes. Mais bon, c’est clair que j’ai gagné au change : aujourd’hui, je peux vivre de ma musique tout en continuant de skater…

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