Les 5 ans du label microqlima expliqués par le patron

Alors que le label parisien fête son premier anniversaire symbolique, Jack fait le bilan avec son fondateur Antoine Bisou pour parler du chemin parcouru, de la philosophie et, forcément, des choses à venir.

La qualité et non la quantité. Cette maxime, microqlima, label parisien fondé en 2014 par Antoine Bisou, se l’applique au quotidien. Avec (seulement) quatre artistes dans son catalogue, qui sont Isaac Delusion, L’Impératrice, Pépite et la nouvelle signature Fils Cara, le label prend soin de ne pas s’éparpiller afin de se concentrer sur le développement de ses artistes. Une philosophie qui est à la base de microqlima, et qui devrait rester le fer de lance du label dans les prochaines années. 

En 2014, tu crées donc microqlima…

J’ai créé l’association microqlima bien avant, à Toulouse. On était dans l’événementiel. J’ai ensuite cofondé le label Cracki que j’ai quitté en 2013 et à la base, je suis le manager de L’Impératrice et d’Isaac Delusion. Quand je suis parti de Cracki, j’ai eu envie de créer un label à mon image : je voulais pouvoir gérer les projets de A à Z pour insuffler plus de créativité qu’en tant que manager. 

Tu es parti de Cracki avec Isaac Delusion et l'Impératrice avec toi ? 

J'avais une bonne relation avec Isaac Delusion et L'Impératrice vu que j'étais leur manager. Mais à la base, microqlima n'est pas une réaction à mon départ de Cracki. Ce n'était pas du tout prévu que ces deux groupes se retrouvent sur le label. En 2014, quand L'Impératrice a sorti « Sonate Pacifique » sur Cracki, je faisais toutes les réunions de label avec eux. Je les soutenais depuis quatre ans, mais il fallait absolument une équipe avec eux et à ce moment-là, microqlima n'était encore qu'une coquille vide. Mais les artistes m'ont fait remarquer que je remplissais ce rôle de label en tant de manager. 

C’était comment les débuts ?

Durant deux ans, c'était très amateur. J'étais surtout manager, donc microqlima passait un peu au second plan. Le déclic a été la rencontre avec Pépite. Je m’en rappelle malheureusement bien car c’était le 13 novembre 2015 [le jour des attaques à Paris, notamment au Bataclan, qui ont fait 129 morts, ndlr]. J’ai commencé à les produire en 2016, je continuais à suivre L’Impératrice et il y avait le deuxième album d’Isaac Delusion en cours. On a commencé par avoir un petit catalogue de trois artistes qui n’a finalement pas tant bougé en trois ans, à part l’arrivée de Fils Cara récemment. Quand il a fallu produire Pépite, j'ai dû faire un choix : celui de rester indépendant. Ça a été la fondation de microqlima.

C'est quoi la philosophie de microqlima ?

Ce n'est pas très réfléchi : on fait semblant de l'extérieur. On est responsable des artistes et j'ai une vision assez haute de ce qu'il faut faire pour qu'un artiste marche. On s'implique beaucoup et ça vient de mon profil de manager. En fait on est des jardiniers : on plante nos petites graines et on arrose patiemment tous les jours. Au final, sept ans après le début, L'Impératrice commence à bien prendre. 

La volonté est de garder très peu d’artistes, aussi parce qu'on n'a pas le temps : on s'occupe beaucoup de nos groupes. J'ai toujours voulu éviter le danger d'avoir 15 artistes, un seul qui marche et 14 autres dont tout le monde se fout. Ça m’attristerait.

Est-ce que le choix d'un artiste peut être influencé par l'évolution de l'industrie, le streaming ou l'image ?

Le streaming a toujours été là pour nous : on est un label digital. Par contre, ce qui change dans les signatures, c'est le paramètre économique et il y a beaucoup plus d’éléments auxquels je fais attention : la personnalité, l'attitude, l'entourage, la scène, le message qu'il y a derrière, la raison d'être, etc. Je suis plus conscient de ce qui peut faire le succès d'un artiste. Par contre, on ne signera pas quelqu’un juste parce qu'il fait beaucoup de streams.

Comment expliques-tu le succès de L'Impératrice ?

Dans le cas de L'Impératrice, les gens savent que c'est de la bonne musique. C'est la qualité qui fait le succès. Les live sont bons et ils finissent par incarner une petite relève de la French touch. Il y a quelque chose de très français qui plaît aussi à l'étranger. 

Ils sont souvent courtisés par d'autres labels ?

Oui, on a eu pas mal de convoitises. Mais la volonté est de garder l'équilibre qu'on a avec eux en ce moment. 

Bon, je termine par la question que les fans se posent : y'aura-t-il une ou des nouvelles signatures en 2020 ?

Chez nous ça prend du temps pour signer un artiste. Je suis en phase de discussion, mais rien de sûr pour l'instant. Il y a des albums qui arrivent, un EP de Fils Cara et L'Impératrice est « peut-être » en studio. Enfin, ce sont les rumeurs hein...

La soirée d'anniversaire de microqlima a lieu à la Maroquinerie à Paris ce soir et vendredi 11 octobre avec Isaac Delusion, L'Impératrice, et même un karaoké. Plus d'infos par ici.

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