Les 10 albums qui ont déjà marqué 2019

S’il n’est pas facile de ne retenir que dix projets pour résumer six mois complétement fous et surprenants en matière de sorties d’albums, Jack s’est prêté à l’exercice. Parce que l’été arrive, et parce qu’on en avait envie.

Fontaines D.C. – « Dogrel »

Pendant que de nombreuses voix crient à l’avènement du hip-hop, jugeant hâtivement que les derniers albums de rock sont tout juste bons à meubler un trajet en solitaire dans le métro, quelques jeunes canailles tentent avec brio de redonner un souffle, une âme et une rage à leurs guitares. Avec « Dogrel », premier album taillé pour encourager les pogos et accompagner les beuveries, les Irlandais de Fontaines D.C. ont réussi ce tour de force, et on n’a pas fini de les en remercier.

Tyler, The Creator – « IGOR »

Sans renier les qualités de « Goblin » ou de « Flower Boy », il faut bien avouer que Tyler, The Creator tient probablement là sa grande œuvre, celle qu’il a façonnée de A à Z, celle qui semble rencontrer un vrai succès populaire – 165 000 exemplaires d'« IGOR » ont été écoulés en une semaine. Celle, enfin, qui devrait définitivement lui permettre de s’extraire du circuit hip-hop et de s’imposer comme une pop-star à part entière – un peu comme André 3000 ou Pharrell, deux de ses idoles dont l’influence plane sur des titres comme Earfquake ou Gone, Gone/Thank You.

Vampire Weekend – « Father of the Bride »

Depuis qu’il s’était éloigné du circuit, juste après la sortie de « Modern Vampires of the City » en 2013, on aurait pu penser que Vampire Weekend avait cessé de séduire. C’est tout l’inverse qui s’est produit : Rostam a donné vie à une très belle carrière solo, tandis qu’Ezra Koenig a collaboré avec tout un tas de grosses têtes (Beyoncé, Frank Ocean, Major Lazer…) et a pris le temps de mettre en place le grand retour de la formation new-yorkaise. À raison, tant « Father of the Bride » est un album d’une richesse impressionnante, qui contient probablement moins de tubes que ses prédécesseurs mais dont on n’a pas fini d’explorer tous les recoins et toutes les pistes avancées.

Kobo – « Période d’essai »

Le rappeur bruxellois n’est certainement pas le MC le plus populaire, ni le plus médiatisé ou le plus suivi sur les sites de streaming, mais il est assurément l’auteur d’un des projets les plus aboutis côté rap francophone cette année : « Période d’essai », un premier album dépourvu de collaborations (ce qui aurait pu être tentant quand on sait qu’il est proche de Damso), qui privilégie l’amour des mots aux gimmicks, l’introspection à la vantardise et la complexité d’une mélodie à la facilité d’un refrain. Une vraie réussite, tout simplement.

Weyes Blood – « Titanic Rising »

Weyes Blood, c'est avant tout Natalie Mering, une artiste biberonnée aux valeurs hippies de ses parents, qui a grandi à Los Angeles avec les disques de Joni Mitchell et Nirvana dans les oreilles, qui s’est installée en Pennsylvanie où elle a fini par tourner avec des groupes de noise (Jackie-O Motherfucker et Nautical Almanac), avant de revenir en Californie pour trainer avec ce que la scène locale propose de plus fou : Chris Cohen, Ariel Pink, Jonathan Rado de Foxygen, The Lemon Twigs, Drugdealer et Mac DeMarco.

Mais tout ça ne pèserait pas grand-chose si l’Américaine n’était pas également une superbe mélodiste, du genre à mettre en son des albums merveilleusement pop, bercés de chants lyriques, d’arrangements de cordes et de clins d’œil au Laurel Canyon des années 1960.

James Blake – « Assume Form »

Tandis que certains artistes surjouent titre après titre le mal-être (adolescent ou existentiel), James Blake, lui, n’est jamais tombé dans une mélancolie de pacotille. Sa musique, sensible et cathartique, s’y prêterait pourtant volontiers, mais il faut croire que l’Anglais est suffisamment malin pour continuer à repousser sans cesse ses propres limites, pour tester en permanence de nouvelles sonorités, comme sur ce « Assume Form » aux tonalités hip-hop – la présence d’André 3000, Metro Boomin ou Travis Scott en est une preuve parmi tant d’autres.

Loyle Carner – « Not Waving, But Drowning »

Du côté des Anglais, il a fallu faire un choix. Skepta, Little Simz ou Dave avaient clairement leur place ici, de même qu'Ezra Collective ou The Comet Is Coming dans un tout un autre style. Mais le deuxième album de Loyle Carner est probablement celui que l'on a le plus (ré)écouté au sein de cette liste d'artistes essentiels – bon, le fait que le dernier disque de Skepta vienne à peine de sortir a dû un peu jouer, mais des singles tels que Loose Ends ou You Don't Know ont tout de ces chansons générationelles, et fédératrices.

PNL – « Deux frères »

On en a beaucoup trop parlé pour ne pas retrouver le dernier album des frères Andrieu ici-même. Et puis, il faut le dire : « Deux frères » est de ces disques qui risquent de traverser les décennies, qui disent quelque chose de leur époque et de leur auteur, plus que jamais au service de l'émotion sur ces seize nouveaux morceaux. Ça évoque la figure paternelle, ça narre un certain mal-être (« J’meurs dans un cauchemar exotique / Où la Terre ressemble à ma tombe »), ça parle avec nostalgie du quartier et du temps qui passe. Et, surtout, ça déploie une intelligence de production tout bonnement fascinante.

Hubert Lenoir – « Darlène »

À priori, le mec fait tout pour encourager la fuite de l'auditeur : un premier album qu'il décrit comme un opéra post-moderne, des chansons inspirées par un roman de Noémie D. Leclerc, une bouille à la Brian Molko et des références parfois trop rétro. Mais voilà : Hubert Lenoir est surtout un mélodiste hors pair, qui manipule les codes de la chanson francophone pour la confronter à ceux du punk et du glam-rock. Résultat : on est franchement addict à des titres comme Recommencer ou Fille de personne II, sorte de croisement totalement fou entre Bowie et Christophe.

Solange – « When I Get Home »

À l’instar des films de Nicolas Winding Refn (Only God Forgives), de David Lynch ou de Lars Von Trier (pas tous, faut pas déconner non plus), Solange crée des œuvres d’art que l’on ne comprend pas vraiment (parce que très arty, hybrides et, probablement, visionnaires) mais qui fascinent par leur ambition et le monde qu’elles façonnent. « When I Get Home » s’impose indéniablement ainsi comme un grand disque. Et pas seulement de R'n'B, genre incroyablement fertile et excitant cette année (Lolo Zouai, Steve Lacy, etc.), c’est d’ores et déjà un classique de la pop music.

Bonus

Pour le plaisir, et parce qu'on n'aime pas les injustices, allez tout de même écouter les disques d’Irène Dresel (« Hyper Cristal), Ariana Grande (« thank u, next »), Triplego (« Machakil ») ou encore Lolo Zouai (« High Highs To Low Low » : franchement, ça en vaut la peine.

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