Le rappeur Juice WRLD est mort, à 21 ans

L'auteur de « Lucid Dreams », qui avait signé il y a quelques mois un contrat de 3 millions de dollars avec Interscope, est décédé hier des suites d'un arrêt cardiaque survenu à l’aéroport de Chicago, sa ville natale.

« Qu'est-ce que le club des 27 ? On ne dépasse pas les 21 ans. » En 2018, lorsqu'il compose ce morceau hommage à XXXTentacion (Legends), Juice WRLD n'a que 20 ans. Hier, suite, à l'annonce de son décès, provoqué par un malaise cardiaque survenu à la sortie de l'aéroport de Chicago, on a malheureusement compris à quel point ce texte était prémonitoire. Cet été, le rappeur avait pourtant promis de soigner ses différentes addictions : « Fuck la codéine, j'en ai fini avec ça. Je t'aime et je tiens à faire savoir publiquement que ce n'est pas de la merde qui va niquer le vrai amour que j'ai trouvé […]. La dépendance tue tout mais vous pouvez la vaincre », affirmait-il sur Twitter.

Vision sombre. À 21 ans, Juice WRLD laisse malgré tout une discographie assez fournie – deux albums et deux mixtapes, dont une avec Future –, portée par tout un tas de thèmes chers aux emo-rappeurs : le deuil sentimental, la solitude, la consommation de drogue, les envies de suicide... En plus de 2Pac et Kanye West, le natif de Chicago était également fan de Black Sabbath, Ozzy Osbourne ou Motörhead, et cela explique sans doute cet attrait pour l'obscur, pour les textes qui portent en eux toute la souffrance et le désespoir du monde. « Je me drogue à en tomber dans le coma », clamait-il sur End Of The Road.

Avant de détailler les raisons d'un tel mode de vie dans une interview accordée au Monde : « Avec ces médicaments à la codéine, on vit un peu la même chose que pendant l’épidémie de crack au début des années 1990, tout le monde est à la recherche de meilleur lean. On est même capable d’en boire un verre pour rendre hommage à celui qui vient d’en faire une overdose. Cela risque de nous emporter plus vite que n’importe quelle drogue pouvait le faire avant. »

Génération torturée. S’il serait injuste de limiter sa discographie à ces élans dépressifs, tant celle-ci semble également marquée par l’envie d’amener des refrains pop et de la matière rock dans le hip-hop, il faut admettre une terrible vérité. Jared Anthony Higgins (son vrai nom) fait partie d'une génération sacrifiée : celle de XXXTentacion, donc, mais aussi de Lil Peep et Mac Miller. Celle d'artistes extrêmement doués et populaires - « Goodbye & Good Riddance », le premier album de Juice WRLD, s’est vendu à plus d'un million d'exemplaires -, mais au moral indéniablement plombé par une époque angoissante.

Entre deux tubes (dont l’inévitable Lucid Dreams, construit sur un sample de Shape Of My Heart de Sting), Juice WRLD confiait d'ailleurs recevoir quotidiennement des centaines de messages de fans le remerciant pour ses textes, qu'ils considéraient comme un remède à leur déprime. Et si la disparition de toutes ces icônes n'était que la partie visible de l'iceberg... ?

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