Le "In Utero" de Nirvana a 25 ans : retour sur un album autodestructeur

Le 21 septembre 1993 sortait le troisième et dernier album studio du groupe de Kurt Cobain. Aujourd'hui encore, il est considéré pour beaucoup comme le meilleur, loin devant le trop commercial « Nevermind ».

Rock Star. Kurt Cobain était un personnage ambigu, refusant la célébrité et le succès mais extrêmement attentif aux critiques et aux chiffres de ventes. Il a toujours su brouiller les pistes afin que l’on ne puisse pas réellement le cerner. Quand, en septembre 1993, sort « In Utero », le troisième album de Nirvana sur le label DGC, le nouveau label de David Geffen consacré aux artistes alternatifs de son répertoire (Teenage Fanclub, Sonic Youth, etc.), le groupe d’Aberdeen est tout bonnement l’un des plus populaires au monde. Un statut auquel les trois Américains ne s'attendaient pas du tout.

Tout casser. Le succès de « Nervermind », sorti deux ans plus tôt en 1991, a laissé comme un goût amer dans la bouche de Kurt : le disque est trop lisse. Trop pop (Kurt déteste l’immense Smell Like Teen Spirit). Pour le fan des Pixies (groupe qu’il adore, comme Beat Happening ou The Vaselines), il faut que Nirvana retrouve son esprit d’avant, plus punk, plus rock et plus « underground ». Pour ça, ils font appel au producteur Steve Albini, connu pour avoir enregistré avec des groupes assez punk comme The Jesus Lizard. Dans la tête de Cobain, l’idée est simple : détruire tout ce qu’a construit « Nevermind ».

Express. L’enregistrement se déroule à Cannon Falls, petite ville du Minnesota d’un peu moins de 4000 habitants. En quelques jours, le disque est torché. Les voix se font (presque) toutes en une seule journée. Le disque est mélodique, cru et montre la double facette de Nirvana, qui oscille entre le pop-rock et le punk. Mais à l’écoute, l’album ne convient pas, ni au groupe, ni au label. Un autre producteur, Scott Litt, est appelé à la rescousse pour remixer quelques chansons (Heart-Shaped Box et All Apologies par exemple). Après plusieurs ajustements, « In Utero » est prêt.

Clap de fin. Malgré son côté « anti-commercial », « In Utero » sort en septembre 1993 et se classe en tête des ventes. Le chanteur n’a pas réussi son pari, et malgré des critiques disparates, le disque se vend bien. Rien n’y fait : Kurt Cobain est la plus grande rock star de sa génération et sa tête est placardée dans toutes les chambres d’ados à travers le monde. Est-ce qu’en enregistrant « In Utero », il n'essayait pas aussi de se protéger ? Six mois après, celui qui voulait appeler ce dernier disque « I Hate Myself and I Want To Die » pointera un flingue sur sa tempe et mettra fin à ses jours. 

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