Le disque du jour : « Lost & Found » de Jorja Smith

Comment une jeune femme de province anglaise a-t-elle pu conquérir aussi bien les oreilles du grand public que celles des plus grandes pop stars internationales ? « Lost & Found », son premier album, offre la meilleure des réponses.

Nouvelle coqueluche. En quelques mois, Jorja Smith s’est retrouvée dans les petits papiers de Drake, de Kendrick Lamar, de Bruno Mars ou de Kali Uchis, qui en connaissent un rayon en matière d’ascension fulgurante. Certains (des réacs, probablement) trouveront ça suspect, avanceront qu’un tel consensus nécessite forcément un gros coup de pouce de la part des maisons de disques.

Or, dans le cas de cette jeune anglaise (20 ans), originaire de Walsall, c’est bien le talent qui parle, celui qui lui a permis d’avoir deux morceaux sur « More Life » de Drake, de poser sur la B.O. de Black Panther ou encore d’être à l’aise dans n'importe quel style, que ce soit dans la soul ou le UK Garage (On My Mind, en duo avec le producteur de Birmingham, Preditah).

Be real. En interview, Jorja Smith le revendique d’ailleurs fièrement : elle se fiche des cases au sein desquelles les journalistes auront la prétention de vouloir l’enfermer. Sur « Lost & Found », on trouve de la soul, du R’n’B, du hip-hop, de la pop, des titres que seule une artiste qui a passé beaucoup trop de temps à écouter Amy Winehouse ou FKA Twigs pourrait composer. Mais la vraie force de ce premier album est surtout de ne pas se soucier des étiquettes et de se débarrasser des stéréotypes qui traversent ces différents genres musicaux pour capter ce qui semble hanter Jorja Smith : plonger dans l’intimité, baisser la garde, « être honnête », comme elle le répète à tout-va dans ses entretiens.

Cocon. De la chanson titre à Don’t Watch Me Cry, ça parle donc d’amour et de relations déchues – normal, quand on a seulement 20 ans… Mais Jorja Smith n’est pas une poupée romantique de plus : elle a surtout l’intelligence d’aborder les brutalités policières (Blue Lights, et son sample des Français Guy Bonnet et Roland Romanelli) ou le pouvoir d’une minorité blanche sur le reste du monde (Lifeboats) sans jamais être véhémente, avec toujours ce souci d’être efficace mélodiquement (Teenage Fantasy, ce tube imparable) et d’offrir une porte de sortie à la brutalité et au vacarme ambiants.

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