L’histoire folle de Michaël Boumendil, le créateur de la musique SNCF

Comment réussit-on à faire mémoriser un jingle de 4 notes par 94% des Français ? Demandez à Michaël Boumendil, le musicien jamais en grève et qui a même réussi à séduire le guitariste de Pink Floyd avec sa mélodie a priori inoffensive. Prenez place pour cette histoire improbable, attention au départ.

Do, sol, la, mi. C’est l’histoire d’un tube en 4 notes que n’importe qui peut rejouer au piano, à la guitare ou même au pipeau. Et si l’on dit que c’est un tube, c’est parce que ce jingle porté par une voix feminine est entré dans l’inconscient collectif depuis 2005, date de sa composition, au point qu’on en a oublié de se poser la vraie question : quel est le genie derrière cet exemple de minimalisme ?

La réponse est simple : Michaël Boumendil. Un musicien qui n’a pas oublié de faire des études (il est diplomé de l’école de commerce de l’EDHEC) ni d’être un entrepreneur (on lui doit la creation de l’agence Sixième Son, dédiée au design musicale). C’est d’ailleurs avec cette dernière qu’il est contacté vers 2004 par le leader du ferroviaire, à la recherche d’une nouvelle identité inspirant une mobilité plus humaine. Bingo. “ je voulais de la simplicité expliquera plus tard le compositeur. Avec la SNCF, nous avons convenu que 4 notes avec une voix plutôt féminine créeraient une forte difference”. Rapidement, le son s’impose dans toutes les gares (120 points de contacts entre ce son et les clients), puis le jingle est lifté deux fois, en 2008 et 2012, jusqu’à devenir reconnaissable par 94% des Français, et mieux encore, appréciés par 81% d’entre eux. Des chiffres qu’il serait intéressant de comparer à l’amour des Français pour la SNCF, surtout en période de grève.

The Dark side of the jingle. L’histoire pourrait s’arrêter là, et ce serait déjà franchement pas mal. Sauf qu’en 2013, un certain David Gilmour, connu pour être le chanteur et guitariste de Pink Floyd, se ballade sur le quai de la gare TGV d’Aix-en-Provence. Et là, coup de foudre pour la musique de Michaël Boumendil. Gilmour attrape son téléphone, enregistre les 4 notes puis, deux mois plus tard, appelle le compositeur, forcément surpris : « j’adore le groove de cette musique, j’en suis raide dingue et je veux l’utiliser pour un nouveau morceau ».

De là va naitre une improbable collaboration entre Michaël Boumendil et Gilmour, réunis en studio à Londres, pour ce qui deviendra plus tard Rattle That Lock, un titre anecdotique publié sur l’album du même nom, en 2015.

C’est là que la love story s’arrêtera entre les deux créateurs. Terminus, tout le monde descend. En décembre 2016, Michaël Boumendil revient sur l’accord passé entre lui, le guitariste du Floyd et la SNCF en avançant que les notes utilisées sur le titre ne sont pas celles sur lesquelles les deux auraient travaillé à Londres – il n’y en avait pourtant que 4. L’affaire, portée devant les tribunaux, s’enlise, jusqu’à ce que la justice ne donne finalement raison à Gilmour et condamne Boumendil à rembourser les frais d’avocat à l’accusé. Aux dernières nouvelles, Boumendil aurait déposé un appel, preuve que ce voyage juridique long comme un trajet en TER n’est toujours pas terminé.

D’autres musiciens ont heureusement eu plus de chance dans leurs collaborations avec des marques; le plus célèbre d’entre eux étant surement Brian Eno, auteur du mythique générique d’introduction de Windows 95, et généreusement offert à Bill Gates pour la modique somme de 31 000 euros.

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