L'histoire de « Beggars Banquet », le disque culte des Stones qui fête ses 50 ans

Le 6 décembre 1968, les Stones publient le successeur de « Their Satanic Majesties Request » et prennent tout le monde de court.

Sympathie pour le dernier disque de Brian Jones. Que dire de plus sur un disque devenu mythique. Que peut-on ajouter, quand tout a été dit maintes et maintes fois ? Pour situer, « Beggars Banquet » est l’album de Sympathy For The Devil, le dernier auquel Brian Jones participe et celui d’un retour aux sources blues qu’ils considèrent comme leur premier véritable chef-d’œuvre. Bref, un album qui fait partie des 30 disques à écouter au moins une fois par mois durant toute sa vie. 

Période de folie. Au lieu de répéter que Street Fighting Man est une chanson politique dédiée à mai 68, que cet album vient marquer leur opposition aux Beatles, ce disque est surtout la fin d’une époque et le début d’une nouvelle. La mort de Brian Jones, membre fondateur évincé par le groupe car la drogue prenait une place trop importante dans sa vie, met fin aux « débuts » des Stones. Ils entrent dans une nouvelle ère et vont enchaîner jusqu’à « Exile On Main St. » quatre albums devenus mythiques.

La voie est libre. Au même moment, Mick Jagger est devenu le diable. Le morceau Sympathy For The Devil, inspiré par un livre (Le Maître Et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov) que Marianne Faithfull lui aurait donné, résonne en 1968 comme un coup de tonnerre extrêmement puissant qui changera la manière dont les artistes vont aborder l’écriture et la composition. Une boite de Pandore pour certains. Une invitation à devenir plus « rock » et démoniaque pour d’autres. 

Trop trash. Il y a sur « Beggars Banquet » des moments magiques, comme la guitare slide de Brian Jones sur No Expectations, le mellotron de Nicky Hopkins sur Jigsaw Puzzle, l’influence subtile de Bob Dylan (Salt Of Earth) ou encore de Muddy Waters (Parachute Woman). La pochette originelle, blanche et sobre, fait écho au double album blanc des Beatles. 

Mais les Stones n’en voulaient pas et il s’agit là d’un compromis entre la maison de disques (Decca) et les Anglais. Celle qu’ils souhaitaient était considérée obscène, trash et provocante. On peut y voir des dessins de femmes nues, le rêve de Bob Dylan qui part dans la chasse d’eau et une référence au président de l’époque, Lyndon Johnson, qui a envoyé des troupes en masse au Viêt Nam. Elle paraîtra plus tard en version CD, en 1984. 

1968, année rock. Bref, pour résumer : « Beggars Banquet » fait la nique aux hippies et aux Beatles, il est politisé, engagé et enregistré avec plein de bons musiciens (Nicky Hopkins, Dave Mason, Ric Grech, etc.). Il fallait ça pour boucler une année 1968 où les disques incroyables sortaient comme des petits pains (au hasard comme ça « Astral Weeks », « Electric Ladyland », « L’album Blanc », etc.). La cerise sur le gâteau. 

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