Kid Cudi, éternel espoir du hip-hop américain

Des tubes et un statut d'artiste "bankable" à la fin des années 2000, ses projets qui laissent perplexe et des envies suicidaires au début de la décennie suivante : le parcours de Kid Cudi ne ressemble à aucun autre. Alors que « Kids See Ghosts », son projet avec Kanye West vient de paraître, on rembobine.

Introspection. L’histoire de Kid Cudi a toujours été celle d’une trajectoire singulière, en résonance avec son époque mais radicalement torturée : « I’ve got some issues that nobody can see / And all of these emotions are pouring out of me », rappait-il en 2009 sur Soundtrack 2 My Life. Lui qui a perdu son père à 11 ans et passé une enfance solitaire à Cleveland (Soho), lui qui a envisagé la fête comme un remède aux angoisses du jour à la fin des années 2000 au sein d’un Brooklyn hyper branché, a très vite choisi de faire de ses albums des pièces tragiques, volontairement théâtrales (« Man On The Moon : The End Of Day » et son histoire découpée cinq actes).

Touche-à-tout. L’histoire de Scott Mescudi est aussi celle d’un homme qui a commencé comme vendeur de vêtements pour Bape et qui, une fois repéré par Kanye West, a toujours eu le don de bien s’entourer (Ratatat, MGMT, Common, Jay-Z ou Snoop Dogg font partie de ses proches collaborateurs). Il n’a jamais eu peur des escapades crossovers.

Parfois, pour le meilleur, comme lorsqu’il entreprend une réécriture du 50 Was To Make A Record de Paul Simon ou lorsqu’il s’approprie la mélodie de The Funeral de Band Of Horses sur sa mixtape fondatrice, « A Kid Named Cudi ». Parfois, pour le pire : ses collaborations avec David Guetta ou Steve Aoki sont de celles que l’on préférerait oublier, même si elles sont sans doute à l’origine de ses plus grands succès.

Rap dans les vapes. L'histoire de Kid Cudi est aussi celle d'un artiste (ceux qui l'ont vu dans How To Make It In America ou dans les courts métrages de Shia LaBeouf connaissent ses talents d'acteur) accro aux drogues. L’un de ses morceaux phares, Day ‘N’ Nite, évoque cette solitude qu’il tente de fuir dans les vapeurs du cannabis, tandis que les deux volumes de « Man On The Moon » parlent constamment de sa dépendance à la cocaïne - une addiction qui l'incitera à se faire hospitaliser à l'automne 2016 pour « dépression et pulsions suicidaires ».

Renouveau. L'histoire de Kid Cudi, enfin, n'a pourtant rien de celle d'un artiste maudit. Du succès, il en a eu. Des classiques, aussi. Le problème, c'est qu'il n'a jamais vraiment su comment gérer sa célébrité et que ses productions depuis le début des années 2010, souvent bancales, parfois peu abouties, ne parviennent pas à masquer ses différents troubles. Heureusement, il peut compter une nouvelle fois sur tonton Kanye pour le remettre dans le droit chemin avec un « Kids See Ghosts » qui n’a rien d’un classique instantané, mais qui a le mérite de l’audace et de la liberté.

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