Julian Petty, l’avocat du rap US

Entre les rappeurs et les avocats, c’est loin d’être une histoire d’amour. Pourtant, Julian Petty est le juriste préféré d’A Tribe Called Quest, Earl Sweatshirt ou Vince Staples… Portrait de celui qui sort les MC des contrats foireux.

Un contrat sur la tête. Un deal avec une major, c’est le Graal du rappeur. L’assurance de gagner du cash, de devenir célèbre et de travailler avec de grands producteurs. Et pour des jeunes artistes qui viennent régulièrement du ghetto, il y a urgence à signer un tel contrat.

C’est donc souvent dans la précipitation que les négociations se déroulent et, face à la lourde machinerie juridique des majors, les musiciens ne pèsent pas bien lourd. Les mecs ont beau jouer aux gangsters dans leurs clips, ce sont bien souvent eux qui se font spolier par des cols blancs. Et les exemples sont légions : dernièrement, Kodak Black s’est fait duper par son ancien label Dollaz N Dealz, tandis que Lil Wayne est pris dans une histoire de gros sous avec Universal. Seulement voilà : un homme a décidé de changer le rapport de force. Son nom : Julian Petty.

Biberonné au hip-hop. Julian Petty a grandi entouré de légendes du hip-hop. À Long Island, son voisinage a une sacrée gueule : il voit souvent Rakim faire le tour du pâté de maison dans sa Mercedes blanche pimpée et les gars de De La Soul passent parfois chez lui. Alors, forcément, Julian se rêve MC. À 12 ans, il commence à rapper. Professor Griff, soit un tiers de Public Enemy, le prend sous son aile et l’emmène au studio où EPMD a enregistré ses deux premiers albums. Mais cette démo, enregistrée sous le blase d’Educated Youth, n’emballe pas les labels. C’est raté pour une carrière solo…

« Je me suis dit que je devais faire quelque chose.« 

Déterminé, le mec retente le coup, en équipe cette fois. Avec le groupe Squad 44D, ils multiplient les auditions et les rencontres dans tout New York. Surtout, il commence à se rendre compte à quel point la situation est déséquilibrée pour les artistes. « J’ai découvert à quel point les artistes sont mal représentés dans leurs contrats. On ne leur explique rien. Je me suis dit que je devais faire quelque chose », commente-t-il à LA Weekly. Julian Petty ne sera pas rappeur, mais avocat.

Fight For Your Right. Après des études en droit à l’Université d’Howard à Washington, il obtient un stage chez Def Jam où il s’occupe des droits de Foxy Brown et Eric Sermon. Puis, il intègre le cabinet de L. Londell McMillan. Sa spécialité : sortir les artistes de contrats contraignants  c’est notamment grâce à eux que Prince a pu se libérer de la Warner. Aujourd’hui, il s’est constitué une clientèle quatre étoiles : A Tribe Called Quest, Earl Sweatshirt, Freddie Gibbs ou Vince Staples. Soit un panel d’artistes qu’il admire et qu’il défend corps et âme. « Il s’engage dans ma carrière plus que moi », explique Earl Sweatshirt, toujours à LA Weekly.

Fort de ce statut, Julian Petty vient de faire son entrée dans le classement Billboard Magazine des meilleurs juristes dans le monde de la musique en 2017. Et il est parmi les plus jeunes du classement. Sa croisade ? Empêcher que des jeunes artistes se traînent des conditions défavorables pendant dix, quinze ou vingt ans. Ce n’est pas ça qui arrêtera les requins de l’industrie musicale, mais c’est déjà un début…

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