Jonathan Wilson, le producteur dont le rock ne peut plus se passer

En plus de signer de sublimes albums de folk sous influence Laurel Canyon, il enregistre les albums les plus cool du moment, de Karen Elson à Father John Misty en passant par Roger Waters. Mais qui es-tu, Jonathan Wilson ?

Né il y a 42 ans au fin fond de la Caroline du Nord, à Forest City, Jonathan Wilson a tout fait pour quitter son bled pour tenter sa chance à Los Angeles, où il passe rapidement avant de s’installer sur la Côte Est. À la fin des années 1990, il s’illustre dans le groupe indie Muscadine, qui lui apporte un peu de visibilité. Avec juste une idée en tête : « Retourner à L.A., coûte que coûte. »

La renaissance de Laurel Canyon. En 2005, il débarque à Laurel Canyon, célèbre artère de Los Angeles qui a jadis compté parmi ses résidents Jim Morrison, Frank Zappa, Joni Mitchell, Neil Young ou Mama Cass. Une avenue grimpant dans la végétation californienne et où tout ce beau monde a jammé en chœur, sous substances illicites de préférence, avant de s’amuser la nuit sur Sunset Boulevard et au Château Marmont, situés à une poignée de minutes en voiture. Un mythe mort et enterré auquel Wilson donne un coup de frais.

Il s’y installe un petit studio, y enregistre son premier solo, « Gentle Spirit » (2011) et est prié de débarrasser le plancher au bout de quelques années. Les bœufs avec sa bande de copains, dont Josh Tillman, alias Father John Misty, font désordre dans ce quartier désormais plus bourgeois que bohème. On y voit aussi des membres de Wilco, Gerald Johnson, Johnathan Rice, Chris Robinson des Black Crowes, Van Morrison ou encore Jakob Dylan : « Nous nous sommes beaucoup amusés, mais je crois que rien de cette flamme n’est restée après notre départ. Il ne se passe plus grand-chose à Laurel Canyon. »

The place to be in L.A. Wilson investit alors une maison hissée sur les hauteurs des collines d’Echo Park, qu’il transforme en antre musicale à laquelle rêve nombre d’artistes. Ses deux étages sont consacrés à ses expérimentations sonores. En haut, un studio débordant d’instruments, doté d’une baie vitrée offrant une jolie vue sur la verdure avoisinante. En bas, une cabine de mixage dotée d’une impressionnante console dont il est impossible de compter tous les boutons. Depuis, hormis sortir son second album « Fanfare » (2013), il a travaillé avec Bonnie « Prince » Billy, Dawes, Roy Harper – bref, le gratin du folk indie.

C’est ici que Father John Misty enregistre ses albums (le dernier en date, « Pure Comedy », est une merveille de crooning engagé), tout comme Karen Elson, qui a boudé Nashville et son ex Jack White pour son second disque, « Double Roses ». Il y a aussi Cameron Avery, qui ravive la flamme d’un Leonard Cohen sur l’ultra romantique « Ripe Dreams, Pipe Dreams », ou encore Weyes Blood, avec lequel Wilson nous confie avoir des projets en cours. Il ne compte plus ceux qu’il a refusés, sans aucun regret : « Si je dois consacrer du temps à une musique autre que la mienne, elle doit me captiver, sans quoi je ne peux m’y plonger sincèrement. »

En route vers la gloire ? Dernier méfait en date : Roger Waters lui a demandé d’intervenir sur son nouvel album, « Is This The Life We Really Want ? » et d’assurer la guitare sur sa tournée internationale. Ce qui contribue à faire connaître Wilson à un public plus large encore. S’il nous fait comprendre qu’il n’est pas près de bosser avec Rihanna, son tableau de chasse comptera sans aucun doute d’autres productions sexy. Sans oublier les siennes : son prochain album devrait couper le cordon ombilical avec le folk et surprendre son public… « Quoiqu’il advienne, je ne compte pas quitter mon studio, prévient-il, visiblement allergique à tout ce qui se rapproche de près ou de loin à du mainstream. J’ai mis des années à le construire, à le perfectionner, beaucoup d’âmes s’y sont croisées et ce serait dommage de perdre autant de bonnes vibrations. »

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