Interpol : « On fait d'abord de la musique pour nous »

De retour avec « Marauder », un sixième album plus direct et tranchant que son prédécesseur « El Pintor », Interpol garde depuis ses débuts la même vision de la musique. Le guitariste Daniel Kessler revient avec Jack sur l’enregistrement de ce nouveau disque... et sur les 20 ans du groupe.

Quand on arrive au sixième album, le but c'est d'innover ou de continuer à développer le son qui a fait votre succès ?

On n'a jamais eu besoin de se dire : « Bon maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? ». Je dirais plus que depuis « El Pintor », c’est une évolution. Pour « Marauder », on n’avait pas de plan, les idées sont venues naturellement pendant qu’on était en studio et je pense qu’on se sentait confiants puisqu’on avait déjà fait un disque à trois (le bassiste Carlos Dengler a quitté le groupe en 2010, NDLR). Mais on ne s’est jamais dit : « Ça serait cool de faire ça ou de faire comme sur cet album ». D’une part parce que ça ne marche que très rarement et de l’autre parce que ce n’est pas notre manière de faire. On essaie toujours de capter un moment et d’innover uniquement si l’étincelle est là. On ne force jamais rien. Et le fait de suivre notre intuition et nos envies est la raison pour laquelle on est toujours un groupe aujourd’hui. 

Comment s’est déroulé l’enregistrement ?

On était dans un studio à la campagne pas loin de New York. C’était l’hiver et il neigeait tout le temps. Avec notre producteur Dave Fridmann (MGMT, Tame Impala), on a décidé d’enregistrer en analogique, à l’ancienne. C’est plus exigeant, mais il voulait garder la pureté et la vivacité des chansons. Même si elles ont toutes leur atmosphère, elles ont été pensées et enregistrées live. En ce moment, on joue The Rover en concert et, d’habitude, quand tu joues une nouvelle composition pour la première fois, tu n’es pas très à l’aise. Mais là, on s’est tout de suite senti bien et je pense que le public peut le ressentir également. 

Quelles sont tes chansons préférées sur « Marauder » ?

Pour la première fois, on avait plein de chansons et ça a été dur de choisir lesquelles garder. Par exemple Surveillance, on n'était pas sûrs de l'inclure. Quand je l'ai écrite, ça été un grand moment pour moi et je suis content qu'elle soit sur l'album. Bref, je dirais Stay In Touch et If You Really Love Nothing, car ce sont les deux qui me procurent le plus d’émotions. Elles ont cet effet instantané que seule la musique peut donner.

Interpol a eu 20 ans en 2017, quel est ton ressenti sur la longévité du groupe ?

On a débuté en 1997 et notre premier disque est sorti en 2002, donc on a passé plus de quatre ans fauchés dans des salles de répétition bon marché où on payait à l'heure pour s'entraîner. C'était difficile, mais j'avais vraiment envie de former un groupe et de durer. Les deux premières démos pour Matador (Le label du groupe) ont été refusées et ils ont fini par accepter la troisième. Mais on avait aucune certitude que l'album allait ensuite marcher.

Vraiment aucune ?

Non.

Pourtant, tu avais déjà fait beaucoup de sacrifices et consacré plusieurs années au groupe...

Ce sont des années qui nous ont forgés. C'était moi qui envoyais les chansons aux labels donc je recevais les refus aussi. Mais ça nous a rendu plus fort d'une certaine manière. Je me souviens au début de l'année 2001, je quittais la salle de répétition alors qu'on travaillait sur les chansons de « Turn on the Bright Lights » et je me disais que même si ça ne marchait pas, j'avais produit quelque chose pour moi et que je pouvais en être fier. On a gardé en tête l'idée qu'on fait d'abord de la musique pour nous. On a cette vision depuis le début. 

"Marauder" est sorti le 24 août sur Matador/Beggars.

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