Il y a 40 ans, Joy Division sortait son premier single et mettait Manchester au centre du monde

Le 7 octobre 1979, Factory Records édite à 10 000 exemplaires le premier véritable single de Joy Division, « Transmission ». Un de ces titres charnières dans l’histoire du post-punk.

Plaisirs inconnus. En 1978, les rues de Manchester regorgent d’une tonne de jeunes adultes surdoués ayant raté la marche du succès faute de volonté, pour cause de mauvaises fréquentations, d’addiction ou d'un mode de vie trop bancal. Les mecs de Joy Division auraient eux aussi pu connaître un destin confidentiel et terriblement banal dans le nord de l’Angleterre : ils s’appellent alors Warsaw, développent une imagerie volontiers provocatrice et donnent quelques concerts à l’arrache en première partie des Buzzcocks.

Heureusement, dans leur catalogue, ils tiennent une chanson, écrite en un week-end pour les besoins d'un concert, et dont le refrain accroche l'oreille. Pour ne plus la lâcher : « Dance, dance, dance, dance, dance, to the radio. »

Le son du week-end. « La première fois que j'ai remarqué quelque chose de différent, c'était quand nous avons écrit une chanson un week-end, rembobinait Peter Hook, le bassiste de la bande au micro de Radio X. On avait un concert le jeudi et on se disait que ce serait bien de la jouer à ce moment-là. On a alors joué Transmission, et tout le monde a littéralement cessé de faire ce qu'il faisait, s'est retourné et nous a regardé. C'était un moment absolument bizarre. De ces moments où les poils de vos bras se hérissent et où vous avez des frissons dans le dos. »

Pas un hasard, finalement, si Transmission est réenregistré et publié en tant que single en octobre 1979, à la place d'un des dix morceaux présents au tracklisting d' « Unknown Pleasures », pourtant sorti quelques mois auparavant. Avec le résultat, décevant, que l’on connaît : seule la moitié des 10 000 exemplaires pressés s’écoule dans un premier temps... Et ce, malgré la pochette de Peter Saville censée représenter le fin fond de l'espace, « la source possible du message », à l'entendre.

Ordre nouveau. De transmission, il en est d’ailleurs question avec ce titre, l'un des rares à avoir été interprétés par Warsaw, Joy Division et New Order. Il faut dire que son refrain et sa mélodie, tout en tension, contiennent la puissance fédératrice d'une époque, en même temps que la détresse, la mélancolie et la solitude d'une génération anglaise qui écume alors les nuits blanches par manque de repères.

La production, signée Martin Hannett, l’ingénieur du son héroïnomane de Factory Records, entretient cette impression avec talent : Transmission n’est pas un simple single, c’est le morceau d’un groupe qui s’affirme, qui fait un beau doigt aux radios nationales, qui met Manchester sur la carte et dont l’influence résonne aujourd’hui encore dans quantité d’albums. Plus ou moins fréquentables, malheureusement.

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