Il y a 25 ans, Oasis lançait véritablement la Britpop avec "Definitely Maybe"

Sorti le 30 août 1994, le premier album des Mancuniens est arrivé au bon moment dans une Angleterre encore marquée par les politiques conservatrices des années 80. Et il a donné une voix à des milliers de personnes en manque de repères. A voir le foutoir causé par le Brexit, dommage qu'il ne sorte pas aujourd'hui.

C’est un terme qui divise : Britpop. Apparu pour la première fois en 1987 dans le magazine Sounds par le journaliste John Robb pour parler des La's, des Stone Roses et des Inspiral Carpets, ce style musical est synonyme d’hymnes fédérateurs, d’observations cyniques de la classe populaire et d’influences sixties beaucoup trop évidentes. Mais ce glamour déprimant et cette envie de montrer au monde de quoi cette île est capable a pris le dessus, réunissant autour de groupe comme Pulp, Oasis, Blur ou encore Suede des milliers de fans qui attendaient désespérément des leaders charismatiques auxquels se rattachés. 

Oasismania. En l’espace de deux années, quatre disques majeurs voient le jour : « Suede » de Suede et « Modern Life Is Rubbish » de Blur en 1993, « Definitely Maybe » d’Oasis l’année suivante et « I Should Coco » de Supergrass en 1995. Mais celui qui a le plus marqué les esprits est celui des frères Gallagher, deux jeunes branleurs qui rêvent de devenir des rockstars en s’achetant des drogues le week-end avec l’argent des allocs. L’album se vend comme des petits pains, l’Oasismania débute et déferle sur la Terre entière. L’Angleterre frémis comme elle le faisait 30 ans auparavant avec les Beatles et les Stones. Porté par les singles Cigarettes And Alcohol, Supersonic et Live Forever, « Definitely Maybe » élève les deux petits cons au rang de stars planétaire. Et ils deviennent des symboles, dans une Angleterre ruinée par les politiques conservatrices de Margaret Thatcher. Une revanche en quelque sorte et un mouvement culturel que les Britanniques pouvaient embrasser à bras ouverts.

Merci Tony Blair. Il faut aussi dire que le premier album de la bande à Albarn a joué un rôle clef. Damon, qui s’insurgeait de ne pas être aussi populaire que Nirvana, s’est rapidement tourné vers une écriture centrée sur son pays et son mode de vie pour fédérer. « J’ai commencé par lire Nabokov et maintenant, je m’intéresse au foot, aux courses de chiens et aux filles d’Essex », racontait l’Anglais. On peut alors avancer que la Britpop a réellement débuté avec Suède, et qu’elle s’est terminée le jour où Noel Gallagher a été invité au 10 Downing Street pour rencontrer le Premier ministre, en 1997. La musique, l’art et la politique se voulaient alors « cool » et fatalement, c’est à ce moment qu’elle a commencé à perdre de son influence. 

Live Forever. Mais durant ces 5 années, la dominance du grunge américain menée par Nirvana et Pearl Jam a été éteinte et la musique « indépendante » anglaise est devenue mainstream, laissant quelques bons albums derrière elle (et de très mauvais, on vous l’accorde), une couverture médiatique qui en a fait des caisses et ouvrant la voie aux plus jeunes (Coldplay, The Killers, The Libertines, etc.). Vingt-cinq ans après, « Definitely Maybe » sonne toujours aussi frénétique, et c’est aussi à ça que l’on reconnaît les disques mythiques qui marquent l’histoire. Et qui vivront à jamais. 

Pour aller plus loin, une nouvelle série de quatre podcasts, intitulée Listen Up, revient sur la génèse de l'album avec des témoignages d'Owen Morris, de Peter Hook ou encore de l'équipe de Tony Blair. Le premier épisode est déjà en ligne ici.

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